Publié le 26 septembre 2024. L’Union européenne observe une forte augmentation des candidatures de chercheurs américains souhaitant bénéficier de financements européens, une tendance encouragée par une nouvelle incitation financière et, selon certains, par le climat politique actuel aux États-Unis.
- Le Conseil européen de la recherche (CER) a doublé le montant de son incitation financière pour attirer les chercheurs des États-Unis, portant le financement potentiel à 4,5 millions d’euros sur cinq ans.
- Le nombre de candidatures en provenance des États-Unis a été multiplié par quatre entre 2023 et 2024, atteignant 114 propositions.
- Plus de 70 initiatives nationales et régionales ont été lancées en Europe pour faciliter l’accueil de ces chercheurs.
L’attrait de l’Europe pour les chercheurs américains s’est considérablement renforcé ces derniers mois. Le Conseil européen de la recherche (CER), l’organisme chargé de financer la recherche fondamentale au sein de l’Union européenne, a constaté une augmentation spectaculaire des candidatures suite à l’annonce, au printemps dernier, d’une augmentation significative de son programme d’incitation. Le CER a doublé le montant supplémentaire disponible pour les chercheurs souhaitant quitter les États-Unis, passant de 1 million d’euros à 2 millions d’euros. Cela porte le financement total potentiel à 4,5 millions d’euros sur une période maximale de cinq ans.
Les résultats de la dernière session de candidature, clôturée fin août, témoignent de cet engouement. 114 propositions ont été soumises par des chercheurs basés aux États-Unis, une hausse de 400 % par rapport au cycle de candidature précédent, où l’UE n’avait reçu que 23 candidatures américaines. Dans l’ensemble, le nombre total de propositions a augmenté de 31 %, passant de 2 534 à 3 329. L’Italie (445 propositions) et l’Espagne (240 propositions) se distinguent comme les pays de l’UE ayant reçu le plus de candidatures, suivis par le Royaume-Uni (538 propositions).
Face à cette affluence, les pays et les régions européens se mobilisent pour attirer ces talents. Plus de 70 initiatives nationales et régionales ont été mises en place afin de faciliter l’installation des chercheurs. « Il existe désormais plus de 70 initiatives nationales et régionales conçues pour attirer des chercheurs », a déclaré la commissaire européenne à la recherche, Ekaterina Zahariva, lors d’un événement à Bruxelles à la mi-septembre ici.
L’Académie autrichienne des sciences a même célébré cette semaine un véritable « gain de cerveaux », attribuant directement ce succès aux politiques de l’administration Trump en matière de recherche académique et scientifique. L’Académie a annoncé l’arrivée de 25 chercheurs issus d’institutions américaines prestigieuses, grâce à un nouveau programme de bourses de quatre ans lancé en juin.
« Ils apportent de nouvelles idées, de nouvelles perspectives et des réseaux internationaux – c’est un grand gain pour la science autrichienne et un coup de pouce important pour la visibilité de notre lieu de recherche à l’étranger. »
Heinz Faßmann, président de l’Académie autrichienne des sciences
« Grâce à Trump, nous assistons à ce gain de cerveaux », a affirmé Heinz Faßmann dans un communiqué. Cette situation souligne l’attractivité croissante de l’Europe pour les chercheurs, et les conséquences potentielles des politiques scientifiques américaines sur la répartition des talents à l’échelle mondiale.
À lire aussi
