Publié le 10 octobre 2024 18:05:00. Une femme néerlandaise a porté plainte après avoir découvert qu’une proche de son conjoint avait accédé illégalement à son dossier médical, exploitant ces informations pour une campagne de diffamation qui a mis sa relation en péril.
- Une employée d’un hôpital a consulté de manière illégale les dossiers médicaux de Shanice et de sa famille.
- Ces informations ont été utilisées pour nuire à Shanice et créer des tensions au sein de sa famille et de sa relation amoureuse.
- Le ministère public poursuit l’ancienne employée pour intrusion informatique.
Ce qui débuta comme des tensions avec sa belle-famille a viré au cauchemar pour Shanice, 33 ans. Une connaissance de son petit ami, travaillant à l’hôpital Catharina d’Eindhoven, a abusé de sa position pour consulter son dossier médical. Shanice affirme que ces informations confidentielles ont ensuite été utilisées dans une campagne de dénigrement à son encontre, fragilisant durablement sa relation avec son compagnon, au point de provoquer une rupture temporaire.
Au début de leur relation, Shanice et son petit ami, Tom, entretenaient des liens avec la famille de ce dernier. Cependant, une atmosphère pesante s’est installée après la naissance de leur premier enfant. « Des membres de ma famille ont fait des remarques sur mes origines moluques. Je soupçonne que les tensions étaient liées à cela », confie Shanice.
Souhaitant préserver leur intimité, Shanice et Tom ont pris la décision de déménager sans communiquer leur nouvelle adresse à la famille de Tom. « Nous voulions la paix et la tranquillité, et qu’ils ne puissent plus nous trouver », explique-t-elle. Elle a donc été stupéfaite de découvrir, le jour du premier anniversaire de son fils, une carte postale envoyée par la proche de Tom.
« Je l’ai contactée pour lui demander comment elle avait obtenu notre adresse. Elle a d’abord prétendu que c’était en raison de dettes impayées auprès de mon assurance maladie, ce qui était faux. Ensuite, elle a évoqué la possibilité que la mairie ait divulgué l’information, mais sans pouvoir le prouver », raconte Shanice.
D’autres lettres ont suivi, dans lesquelles Shanice se sentait ouvertement calomniée. « On m’a insinué que j’étais infidèle », précise-t-elle. Incapable de comprendre comment cette personne avait eu accès à leur adresse, Shanice a décidé de mener sa propre enquête.
« Je me sentais surveillée et menacée. »
Shanice
L’enquête de Shanice l’a conduite à découvrir que la parente de Tom avait travaillé pendant plusieurs années dans une clinique externe de l’hôpital Catharina, où sa famille était suivie. Elle a alors soupçonné que ses beaux-parents utilisaient cette position pour obtenir leur adresse, avec des conséquences désastreuses. « Je me suis sentie très vulnérable et surveillée lorsqu’elle a réussi à retrouver notre nouveau domicile », témoigne-t-elle.
Shanice a alerté la police, mais les forces de l’ordre se sont montrées impuissantes. Elle a ensuite contacté l’hôpital et a eu une conversation avec un responsable en février dernier. « Après avoir entré mon numéro de patient, des preuves accablantes ont émergé, démontrant que cette personne avait consulté mon dossier médical. Il était clair qu’elle s’était connectée au système. Mon dossier contenait des informations privées que même mes parents ignoraient », explique Shanice.
Il semblerait que la proche de Tom ait également accédé aux dossiers médicaux de son petit ami et de son fils de 7 ans. Pour ce faire, elle aurait même utilisé la procédure dite de « briser le verre », un mécanisme d’urgence permettant d’accéder à un dossier médical dans des situations critiques.
« Elle n’aurait jamais dû utiliser ce bouton d’urgence. »
Shanice
L’employée en question a pris sa retraite anticipée quelques années auparavant, ce qui empêche l’hôpital d’engager des poursuites internes à son encontre.
Shanice n’a pas pour autant renoncé à obtenir justice. Avec son petit ami, elle a déposé une plainte pour accès illégal à leurs dossiers. Le ministère public a annoncé jeudi qu’il poursuivrait l’ancienne employée pour intrusion informatique. « Mais elle m’a causé bien plus que la simple violation de mon droit à la vie privée », insiste Shanice.
Elle a notamment été contrainte de révéler à ses parents des éléments de son dossier médical qu’elle avait jusque-là gardés secrets. Cette situation a eu un impact profond sur sa famille. « Cela a créé beaucoup de tensions dans ma relation. Nous avons même rompu pendant un temps. Mon fils n’est pas naïf et a souvent été témoin de nos disputes à ce sujet », raconte Shanice.
Maintenant que la vérité éclaire les faits grâce à l’enquête policière, Shanice souhaite que la proche de Tom prenne conscience de l’étendue des dégâts causés à sa famille. « Et j’espère que cela dissuadera d’autres personnes ayant accès à des données personnelles de commettre de tels actes », déclare-t-elle.
Malgré les tensions et les épreuves traversées, Tom et Shanice en sont sortis renforcés. « Elle n’a pas réussi à nous séparer, et cela nous a même rapprochés », conclut Tom.
Réponse de l’hôpital Catharina
L’hôpital Catharina confirme dans un communiqué qu’un employé a eu accès illégalement au dossier d’un patient en 2022. « Nous regrettons profondément cette situation. Cela n’aurait pas dû arriver », indique l’hôpital.
Selon l’hôpital, la politique de sanctions ne peut être appliquée dans ce cas, l’employée étant déjà en arrêt de travail prolongé au moment de la découverte en février. L’hôpital Catharina assure coopérer pleinement avec l’enquête menée par la police et la justice.
L’hôpital précise que les employés ne peuvent normalement accéder au dossier d’un patient que s’il existe une relation thérapeutique établie. Si un employé souhaite consulter un dossier sans cette relation, il doit justifier sa demande en utilisant la procédure de « briser le verre », qui est enregistrée dans le système.
Des contrôles aléatoires sont régulièrement effectués pour vérifier l’application de cette procédure, conformément aux normes nationales. Lors de précédents contrôles, les dossiers de Shanice, de son petit ami et de son fils n’ont pas été identifiés. « Nous présentons nos sincères excuses », a écrit l’hôpital.
L’hôpital examine également des mesures pour renforcer le système et augmenter la fréquence des contrôles aléatoires. Il rappelle également à ses employés l’importance de la gestion sécurisée et responsable des données des patients, notamment en se déconnectant des ordinateurs lorsqu’ils quittent leur poste de travail.
