Publié le 5 janvier 2026 20:31:00. L’Iran, selon une analyse s’inspirant de la pensée politique chinoise traditionnelle, serait fragilisé par une légitimité contestée et des divisions internes, le conduisant potentiellement à une instabilité profonde et à une dépendance extérieure précaire.
- Le régime iranien actuel est considéré comme illégitime selon les principes de la politique chinoise classique, qui valorise la conquête militaire comme source de pouvoir.
- La théocratie iranienne est affaiblie par la domination d’une minorité ethnique sur la majorité perse et par la corruption de ses élites.
- L’Iran, incapable de trouver un allié fiable, s’appuie sur une politique d’armement et de création d’ennemis pour maintenir sa cohésion interne, une stratégie qui pourrait s’avérer destructrice.
Selon une analyse s’appuyant sur les concepts de la politique traditionnelle chinoise, le régime théocratique iranien souffre d’un manque de légitimité fondamentale. Seule la puissance acquise par la force des armes est, dans cette perspective, considérée comme une source de pouvoir véritable. Les régimes issus de coups d’État, de révolutions populaires ou de toute autre forme de prise de pouvoir non violente sont donc perçus comme « mal établis » et intrinsèquement instables.
Cette instabilité est exacerbée, selon l’analyse, par la composition même du pouvoir en Iran. La théocratie est dominée par la minorité ethnique azéri, qui exerce son autorité sur la majorité perse, une situation qui fragilise encore davantage les fondements du régime. Lorsque les bases du pouvoir sont faibles, la solution la plus courante consiste à rechercher une protection extérieure, à devenir un État satellite. Cependant, cette option est risquée, car les grandes puissances sont souvent peu fiables et peuvent abandonner leurs alliés à tout moment. Les États-Unis, par exemple, ont régulièrement renversé des gouvernements qu’ils avaient initialement soutenus, une attitude qui relève, selon l’analyse, d’une habitude.
L’Iran, ayant déjà renversé un régime pro-occidental, celui du Shah Pahlavi, ne peut facilement se tourner vers les États-Unis. De même, une alliance avec la Chine ou la Russie ne semble pas, pour l’instant, à la portée des ambitions iraniennes. Face à cette situation, la théocratie iranienne a opté pour une stratégie d’autonomie militaire, en développant les Gardiens de la révolution, une force indépendante de l’armée nationale et animée par des doctrines radicales. Cette approche, souligne l’analyse, est typique des régimes instables, qui ont tendance à recourir à des méthodes extrêmes pour maintenir l’ordre.
Parallèlement, l’Iran a choisi de se définir par opposition à un ennemi, Israël et, par extension, les États-Unis. Cette stratégie, bien que courante – même les États-Unis l’utilisent au sein de l’OTAN en refusant l’adhésion de la Russie – comporte un risque majeur : celui de s’engager dans une voie sans retour. L’analyse met en garde contre une attitude que l’auteur qualifie de « pas minutieux en tant que voleur, sans enthousiasme et illusoire en ce qui concerne le bien », c’est-à-dire une politique basée sur des illusions et des espoirs irréalistes.
Le point faible majeur du régime iranien réside, selon l’analyse, dans la corruption de ses élites, qui envoient leurs enfants à l’étranger et s’enrichissent personnellement aux dépens du pays. L’antiaméricanisme, dans ce contexte, n’est qu’un prétexte pour justifier leur pouvoir et masquer leur avidité. Les idéaux chiites originels se sont perdus, ce qui explique, selon l’auteur, son pessimisme quant à l’avenir du régime. Il estime que la théocratie n’a qu’une seule option pour survivre : opprimer son peuple et le forcer à adhérer à sa révolution, une politique qui, à terme, risque de se retourner contre elle.
