Home MondeLa stratégie de sécurité américaine utilise l’erreur Sima de Qin | am730

La stratégie de sécurité américaine utilise l’erreur Sima de Qin | am730

by Clara Dubois

Publié le 22 décembre 2025 20h30. L’administration américaine actuelle, qu’elle soit sous la direction de Donald Trump ou d’un successeur, semble adopter une stratégie de sécurité nationale inspirée par une tactique ancienne de la Chine féodale, privilégiant l’expansion vers les Amériques plutôt qu’une confrontation directe avec la Chine.

  • La stratégie de sécurité nationale américaine actuelle penche vers une forme de “realpolitik” concentrée sur l’hémisphère occidental, rappelant la doctrine Monroe.
  • Des ambitions territoriales, comme l’annexion du Canada et une intervention au Venezuela, sont évoquées comme des manifestations concrètes de cette approche.
  • Cette stratégie est comparée à la politique du royaume de Qin au IVe siècle avant J.-C., qui a privilégié l’annexion de cibles plus faciles avant de s’attaquer à des adversaires plus puissants.

Selon un analyste, la stratégie de sécurité nationale de l’administration Trump marque un retour à la “realpolitik” du XIXe siècle, abandonnant l’Europe et la région indo-pacifique au profit d’une concentration sur l’Amérique. Cette approche se traduit par une volonté d’influencer, voire d’intégrer, les pays du continent américain, avec des projets évoquant l’annexion du Canada et une intervention militaire au Venezuela.

La dernière stratégie de sécurité nationale, publiée par l’administration Biden en 2022, mettait l’accent sur le renforcement des alliances, l’établissement de normes technologiques et économiques mondiales et le renforcement de la puissance militaire. Cependant, l’avenir reste incertain : si Donald Trump revenait au pouvoir, il est difficile de prédire s’il maintiendra cette ligne ou optera pour une approche différente. Dans tous les cas, la stratégie de sécurité nationale de 2025 nécessitera une attention particulière de la part de la communauté internationale dans les trois prochaines années.

Un parallèle historique frappant est établi avec la politique du royaume de Qin, en Chine, au IVe siècle avant J.-C. En 316 avant J.-C., lors d’une réunion pour déterminer la prochaine cible militaire, le Premier ministre Zhang Yi préconisait d’attaquer l’État de Chu, qu’il accusait de menacer l’autorité de la dynastie Zhou.

« Shu est un pays éloigné à l’ouest, avec Rong et Di comme voisins, il vaut donc mieux attaquer Chu. »

Zhang Yi, Premier ministre du royaume de Qin

Cependant, le général Sima Cuo a plaidé pour attaquer d’abord l’État de Shu, plus faible et riche en ressources, afin de consolider les bases avant de s’attaquer à des adversaires plus redoutables. Le roi de Qin a suivi l’avis de Sima Cuo, et cette stratégie s’est avérée payante.

L’analyste estime que la situation actuelle aux États-Unis est analogue. L’objectif principal de Washington serait de maintenir sa position de première puissance mondiale. Plutôt que de s’engager dans une confrontation directe avec la Chine, en pleine ascension, une stratégie plus prudente consisterait à renforcer son influence en Amérique du Nord et du Sud. Cela impliquerait l’annexion du Canada, l’intégration de l’Alaska et même l’acquisition du Groenland (le Danemark étant considéré comme un pays vassal incapable de résistance). Une fusion avec le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, pays anglophones partageant des valeurs communes, serait également envisagée.

L’Amérique latine, bien que moins riche, représente un terrain fertile pour l’influence américaine. Bien que l’intégration de chaque pays puisse s’avérer difficile, elle serait moins risquée qu’une confrontation avec la Chine dans le détroit de Taïwan.

Il est important de souligner que cette stratégie ne signifie pas l’abandon de l’objectif ultime d’une domination mondiale. Il s’agit plutôt d’une approche pragmatique, consistant à consolider les bases et à éliminer les menaces les plus faciles avant de s’attaquer aux adversaires les plus puissants. De la même manière que le royaume de Qin visait à annexer les six autres États chinois après avoir renforcé sa position, les États-Unis pourraient viser à affaiblir la Chine et la Russie une fois leur domination sur le continent américain assurée.

You may also like

Leave a Comment