Publié le 28 décembre 2025 20h30. La croissance économique américaine a surpris au troisième trimestre, atteignant 4,3 % par an, malgré les tensions commerciales et les craintes d’un ralentissement de la consommation. Cette performance, alimentée par une hausse des dépenses et des investissements, soulève des questions sur sa pérennité et les risques de surchauffe.
- Le produit intérieur brut (PIB) américain a progressé de 4,3 % au troisième trimestre, dépassant les prévisions initiales.
- La consommation personnelle a augmenté de 3,5 % durant la même période, malgré les droits de douane imposés dans le cadre de la guerre commerciale.
- Les investissements des entreprises, notamment dans le secteur de l’intelligence artificielle (IA), ont contribué à cette croissance, mais suscitent des inquiétudes quant à une possible bulle spéculative.
La publication des chiffres du PIB américain du troisième trimestre, retardée en raison de la fermeture temporaire de l’administration fédérale, a révélé une dynamique économique plus robuste que prévu. Ce résultat contraste avec les anticipations initiales, qui tablaient sur un impact négatif de la guerre commerciale menée par l’administration Trump. L’imposition de droits de douane sur certains produits était censée peser sur le pouvoir d’achat des consommateurs, mais ceux-ci ont continué à dépenser, notamment dans les domaines des soins de santé et des voyages.
Les analystes attribuent en partie cette résilience à la performance des marchés boursiers américains. La hausse des cours des actions a créé un sentiment de richesse chez les ménages, les incitant à consommer davantage. De plus, cette augmentation de la richesse a facilité l’accès au crédit, stimulant ainsi les dépenses. Cependant, cette dynamique pourrait être de courte durée.
Si la guerre commerciale n’a pas encore eu d’impact majeur sur la consommation, cela pourrait être dû au fait que les importateurs ont anticipé les droits de douane et constitué des stocks à bas prix au troisième trimestre. Une fois ces stocks épuisés, les effets négatifs pourraient se faire sentir, freinant la croissance économique. Par ailleurs, la concentration des investissements dans le secteur de l’IA, bien que prometteur, présente des risques. Les investissements massifs dans ce domaine pourraient alimenter une bulle spéculative, car les applications rentables de l’IA ne sont pas encore suffisamment nombreuses.
Prenons l’exemple d’OpenAI, un acteur majeur du secteur. Ses prévisions de revenus pour cette année s’élèvent à 13 milliards de dollars, mais l’entreprise devrait enregistrer des pertes de 44 milliards de dollars avant 2029. Malgré ces pertes, OpenAI prévoit d’investir 1,4 billion de dollars dans la construction de centres de données au cours des huit prochaines années. Cette course à l’investissement est exacerbée par la concurrence intense dans le domaine de l’IA, où le premier arrivé a de fortes chances de dominer le marché.
Les entreprises engagées dans cette compétition sont contraintes d’investir massivement dans les infrastructures, notamment en commandant à l’avance des puces de haute qualité, en recrutant des talents coûteux et en construisant des centres de données à grande échelle. Ces centres de données consomment d’énormes quantités d’électricité, et la capacité de production actuelle des États-Unis pourrait ne pas être suffisante pour répondre à cette demande croissante. Certaines entreprises d’IA envisagent même de développer leur propre production d’énergie nucléaire, ce qui pourrait entraîner une hausse des prix des matières nucléaires radioactives.
Selon certains observateurs, cette course effrénée aux investissements témoigne d’une priorité donnée à l’effort plutôt qu’aux résultats. Si l’économie américaine connaît actuellement une période de croissance, des pertes importantes pourraient survenir une fois la compétition terminée. Les investissements non rentables pourraient entraîner des pertes économiques considérables, dont le coût serait supporté par l’ensemble de la société.
L’administration Trump considère l’IA comme un enjeu stratégique dans la rivalité entre les États-Unis et la Chine, estimant que les États-Unis ont de meilleures chances de l’emporter. Pour soutenir cette ambition, le gouvernement prévoit d’investir des centaines de milliards de dollars dans le secteur, mais le déficit budgétaire américain, déjà élevé, pourrait peser sur les marchés financiers. C’est pourquoi Wall Street n’a pas accueilli avec enthousiasme l’annonce des chiffres du PIB américain.
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