Publié le 24 décembre 2025 12:23:00. La vaccination des nourrissons contre le virus respiratoire syncytial (VRS) semble porter ses fruits, avec une diminution notable des hospitalisations en soins intensifs. Les premiers résultats sont encourageants, mais les experts appellent à la prudence avant de conclure à l’efficacité globale de la campagne.
- La vaccination contre le VRS est disponible pour les nourrissons depuis septembre 2025.
- Les admissions en soins intensifs pour VRS sont actuellement stables et basses par rapport aux années précédentes.
- L’efficacité de la vaccination sera évaluée plus précisément à la fin de la saison, en février ou mars.
Le virus respiratoire syncytial (VRS) est une cause fréquente de rhume chez les enfants, mais il peut s’avérer dangereux, voire mortel, pour les nouveau-nés, entraînant de graves problèmes respiratoires. Chaque hiver, les services de soins intensifs pédiatriques sont confrontés à une augmentation du nombre de bébés atteints de VRS. Face à cette situation, une campagne de vaccination a été lancée en septembre 2025, offrant une protection aux nourrissons durant leur première année de vie grâce à l’administration d’anticorps spécifiques.
Les premiers signes sont positifs. Les pédiatres constatent une baisse significative du nombre de bébés nécessitant une hospitalisation en soins intensifs pour des complications liées au VRS. Harald Wychgel, porte-parole du RIVM (Institut national de la santé publique et de l’environnement), se montre optimiste, tout en soulignant la nécessité de rester vigilant :
« Nous avons le sentiment que la saison a commencé plus tard. Nous nous attendons naturellement à une réduction due à l’injection, mais cela ne se verra correctement que lorsque le tableau sera complet en février ou mars. Ce n’est qu’à ce moment-là que nous pourrons dire quelque chose sur l’efficacité de l’injection. Au cours des trois dernières semaines, nous avons constaté que les admissions IC sont stables et faibles par rapport aux années précédentes. »
Harald Wychgel, porte-parole du RIVM
Le professeur de pédiatrie Lissy de Ridder partage cet optimisme prudent :
« Jusqu’à présent, nous voyons des signes très clairs indiquant que la campagne se déroule comme nous l’espérions. Cela pourrait bien être un Noël historique pour la pédiatrie. Le virus RS se propage à cette époque, mais malgré cela, nous constatons beaucoup moins d’admissions d’enfants porteurs du virus. Et ceux qui en sont atteints sont des enfants qui, souvent, n’ont pas encore été vaccinés, pour une raison quelconque. »
Professeur Lissy de Ridder, pédiatre
La protection conférée par la vaccination dure environ six mois. C’est pourquoi les nourrissons sont vaccinés en deux groupes distincts, explique Jeanne-Marie Hament, chargée de programme du Programme national de vaccination : un groupe de rattrapage pour les bébés légèrement plus âgés et un groupe recevant l’injection peu après la naissance.
« Nous ne disposons pas encore de chiffres exacts sur le nombre de vaccinations, mais nous constatons qu’il se situe autour de 75 pour cent pour les deux groupes », précise Jeanne-Marie Hament. La saison du VRS s’étend du 1er octobre au 1er avril, avec un risque de pic pendant cette période. L’évaluation définitive de l’efficacité de la vaccination interviendra donc à la fin de la saison.
L’expérience de plusieurs pays européens, où la vaccination des nourrissons contre le VRS est déjà en place, est encourageante, avec une diminution de 80 pour cent des hospitalisations liées au virus.
