Publié le 24 décembre 2025 à 11h46, mis à jour le 24 décembre 2025 à 13h35. Grâce à une nouvelle protection vaccinale, le nombre de nourrissons hospitalisés pour le virus respiratoire syncytial (VRS) est en forte baisse aux Pays-Bas, offrant un soulagement aux hôpitaux pédiatriques.
- Le nombre d’admissions en soins intensifs pour VRS a chuté de manière significative par rapport aux années précédentes.
- L’injection contre le VRS, disponible depuis septembre, semble être la cause de cette baisse.
- Les experts restent prudents mais optimistes, attendant des données plus complètes dans les prochaines semaines.
Les chiffres publiés par le RIVM (Institut national de la santé publique et de l’environnement) montrent une diminution spectaculaire des cas graves de VRS chez les bébés. Alors que les hôpitaux étaient souvent saturés pendant les hivers précédents, la situation actuelle est nettement plus calme.
« Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur l’effet direct de l’injection », explique Joanne Wildenbeest, spécialiste des maladies infectieuses pédiatriques. « La saison semble commencer un peu plus tard que d’habitude et on ne sait pas encore quels bébés ont été vaccinés, mais la vaccination semble porter ses fruits. »
Selon les observations de Wildenbeest, qui travaille à l’hôpital pour enfants Wilhelmina d’Utrecht, le déclin est frappant. « Normalement, nous aurions des dizaines d’enfants atteints du virus RS en soins intensifs, mais maintenant seulement une poignée. »
Le RIVM publie chaque semaine des données sur le virus RS, incluant le nombre d’admissions dans les sept unités de soins intensifs pédiatriques du pays. Lors des semaines 50 et 51, seulement 6 bébés ont été admis en soins intensifs, contre environ 40 aux mêmes périodes les années précédentes. Au total, 22 bébés ont été hospitalisés en soins intensifs cet automne, contre 66 l’année dernière à la même époque.
Le virus respiratoire syncytial, bien que généralement bénin chez les enfants plus âgés et les adultes, peut provoquer des difficultés respiratoires sévères chez les nourrissons, nécessitant une assistance respiratoire. À l’échelle mondiale, le VRS est la deuxième cause de décès chez les nourrissons, après le paludisme.
Aux Pays-Bas, bien que les décès liés au VRS soient rares, plusieurs milliers de bébés sont hospitalisés chaque année, dont 150 à 200 nécessitent des soins intensifs. Les hôpitaux des pays voisins ont parfois été débordés, contraints de reporter des interventions chirurgicales l’hiver dernier, comme le rapportait NOS.
Depuis septembre, tous les bébés aux Pays-Bas peuvent bénéficier de cette protection contre le VRS. L’injection a été approuvée par l’Agence européenne des médicaments (EMA) en 2023 et recommandée par le Conseil de la santé début 2024. Initialement, le déploiement a été retardé en raison de contraintes budgétaires, mais la situation a évolué.
D’autres pays, comme la France et le Luxembourg, ont déjà mis en place cette vaccination et ont constaté une réduction de 80 % des hospitalisations pour VRS, selon les données du RIVM.
Sur le même sujet
