Publié le 2025-11-11 06:53:00. La Major League Baseball (MLB) a pris des mesures restrictives concernant les paris sportifs de type « prop bets » après l’implication de plusieurs joueurs dans des affaires de paris illégaux, notamment des accusations de trucage de matchs.
- La MLB limite désormais les paris sur des performances individuelles des joueurs (les « paris au niveau du terrain ») à un montant maximal de 200 $ (environ 185 €).
- Ces paris ne pourront plus être combinés dans des paris multiples (parlays).
- Ces mesures interviennent suite aux accusations portées contre des lanceurs des Guardians de Cleveland pour fraude électronique et tentative de manipulation de matchs.
La ligue de baseball américaine réagit ainsi à une vague d’inquiétudes croissantes concernant l’intégrité sportive, exacerbée par plusieurs scandales de paris impliquant des athlètes professionnels. L’affaire des lanceurs Emmanuel Clase et Luis Ortiz, accusés de collusion pour truquer des paris, a été le catalyseur de cette décision.
Selon l’acte d’accusation, Clase et Ortiz auraient partagé des informations privilégiées avec des parieurs et altéré intentionnellement leurs performances, notamment en lançant des balles délibérément mal dirigées. S’ils sont reconnus coupables, ils encourent jusqu’à 65 ans de prison. Cette affaire fait écho à des accusations similaires portées contre Terry Rozier, joueur de basket-ball de Miami Heat, ainsi que contre Chauncey Billups et Damon Jones, respectivement entraîneur et ancien joueur de NBA. Plus d’informations sur cette affaire.
Les « prop bets », ou paris accessoires, qui permettent de parier sur des événements spécifiques au sein d’un match (comme la vitesse d’un lancer ou le nombre de passes décisives d’un joueur), sont particulièrement pointés du doigt. Le président de la NCAA, Charlie Baker, avait déjà exprimé son inquiétude quant à ces paris, les jugeant difficiles à surveiller et susceptibles d’inciter les athlètes à des comportements répréhensibles. Il avait même appelé les États à les interdire.
La MLB estime que ces nouvelles restrictions, qui seront appliquées par les opérateurs de paris représentant 98 % du marché américain, dissuaderont les joueurs de se laisser tenter par des arrangements illégaux. Dans un communiqué, le commissaire de la MLB, Rob Manfred, s’est félicité de la collaboration de l’industrie pour trouver une solution nationale face aux risques posés par ces paris spécifiques.
« Je salue l’industrie pour son travail avec nous afin de prendre des mesures sur une solution nationale pour faire face aux risques posés par ces marchés au niveau du terrain, qui sont particulièrement vulnérables aux problèmes d’intégrité. »
Rob Manfred, commissaire de la MLB
L’évolution de la relation entre les ligues professionnelles et les paris sportifs est complexe. Après des années de lutte juridique pour maintenir l’interdiction des paris sportifs, la Cour suprême des États-Unis a invalidé cette loi en 2018. Les ligues ont ensuite commencé à collaborer avec les sociétés de paris, voyant dans cette légalisation une source de revenus potentielle. Cependant, cette ouverture s’accompagne d’une vigilance accrue quant à l’intégrité des compétitions, notamment en raison de l’histoire de la MLB avec des scandales de paris comme celui des Black Sox et de Pete Rose.
Des voix s’élèvent également pour demander une intervention du Congrès afin de réglementer plus strictement les paris sportifs, en particulier en raison des préoccupations liées à la prévalence des paris chez les étudiants et au potentiel addictif des jeux d’argent. Des études mettent en évidence les risques pour la santé publique. L’American Gaming Association, représentant l’industrie du jeu, s’oppose toutefois à une réglementation fédérale excessive.
En limitant les paris sur les performances individuelles, la MLB espère envoyer un signal fort aux législateurs et aux régulateurs, démontrant ainsi sa capacité à s’autoréguler. Reste à savoir si cette approche suffira à apaiser les inquiétudes et à garantir l’intégrité des compétitions à long terme.
