Publié le 28 décembre 2025 16h38:00. Une étude internationale majeure, publiée dans la revue Astronomie naturelle, révèle que les premières galaxies et les trous noirs supermassifs se sont formés plus tôt et plus rapidement que ce que les théories actuelles prédisaient, grâce aux observations combinées des télescopes ALMA et James Webb.
- Les premières galaxies se sont développées plus rapidement et de manière plus complexe que prévu.
- Des disques galactiques bien organisés ont été détectés à une époque très reculée de l’univers.
- Le Chili jouera un rôle crucial dans l’étude de l’univers primitif grâce au futur Télescope extrêmement grand (ELT).
Les données issues de l’observatoire ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), situé dans le nord du Chili, et du Télescope spatial James Webb (JWST) ont permis de repousser les limites de notre compréhension de l’univers primitif. L’analyse, menée par une équipe internationale dirigée par le chercheur chilien Rodrigo Herrera-Camus, met en lumière des processus de formation galactique bien plus dynamiques qu’on ne le pensait.
Rodrigo Herrera-Camus, directeur du Millennium Galaxy Nucleus (MINGAL) et professeur à l’Université de Concepción, souligne l’importance de cette collaboration :
« C’est une belle réussite, non seulement en raison de son contenu prometteur mais aussi parce que Astronomie naturelle nous a invités à rédiger cet article, ce qui témoigne d’une véritable reconnaissance de notre leadership dans le domaine. »
Rodrigo Herrera-Camus, directeur du MINGAL et professeur à l’Université de Concepción
Il précise que ce travail s’appuie sur les découvertes de toute la communauté astronomique mondiale concernant l’univers naissant, ce qu’il considère comme un « véritable honneur ».
L’étude porte sur des galaxies observées entre 300 et 800 millions d’années après le Big Bang, une période considérée comme l’enfance de l’univers. Avant l’arrivée d’ALMA et de JWST, les recherches se basaient principalement sur la lumière ultraviolette et des estimations indirectes. Aujourd’hui, il est possible d’observer directement les gaz froids, les poussières et les étoiles dans ces galaxies lointaines, offrant une vision beaucoup plus précise de leur évolution.
Les résultats indiquent que ces premières galaxies ont atteint une taille et une abondance significatives beaucoup plus rapidement que ce que les simulations précédentes laissaient présager. Selon le scientifique :
« En termes d’abondance et de taille, ces premières galaxies ont émergé et se sont développées beaucoup plus rapidement que nos simulations ne pouvaient l’expliquer. Cela a été une véritable révolution dans la compréhension de la façon dont des galaxies comme la Voie lactée se sont formées si tôt. »
Rodrigo Herrera-Camus, directeur du MINGAL et professeur à l’Université de Concepción
Parmi les découvertes majeures, l’étude met en évidence l’apparition rapide de poussières interstellaires et d’éléments chimiques lourds, tels que le carbone, l’azote et l’oxygène, dans ces galaxies primitives. De plus, les données combinées ont permis la détection de disques galactiques bien structurés à une époque très reculée, remettant en question l’idée d’une formation lente et progressive de ces structures. L’identification de « bébés » trous noirs supermassifs, certains dépourvus de galaxie hôte visible, est également un élément clé de cette recherche.
Enfin, l’étude documente la présence de vents galactiques extrêmement puissants, capables d’expulser du gaz et de réguler la formation d’étoiles dès les premiers stades de l’évolution galactique.
Herrera-Camus insiste sur le caractère intégré de cette étude, qui synthétise les recherches les plus pertinentes du monde entier pour offrir une vision cohérente de la formation des premières galaxies, de leur enrichissement en métaux, de la naissance des premiers disques et de la croissance des premiers trous noirs. Ce travail constitue ainsi une référence actualisée dans le domaine de l’astronomie.
L’étude souligne également le rôle central que le Chili continuera de jouer dans l’exploration de l’univers primitif, notamment grâce à la future mise en service du Télescope extrêmement grand (ELT). En combinaison avec ALMA, l’ELT devrait permettre d’observer la formation des premières galaxies avec un niveau de détail sans précédent.
L’étude, intitulée “L’Univers primitif avec JWST et ALMA”, est le fruit de plus d’un an et demi de travail, initié lors d’un atelier international organisé aux Pays-Bas en décembre 2024.
