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Astronomes Découvrent 53 Nouveaux Planémos Errants à Moins de 1 500 Années-Lumière

by Nicolas Lefèvre
La nature des planémos : entre étoiles et planètes

Des astronomes québécois et internationaux ont détecté une centaine de planètes errantes, dont 53 nouvelles, situées à moins de 1 500 années-lumière de notre galaxie. Ces objets, appelés planémos, ne gravitent autour d’aucune étoile. La découverte a été rendue possible grâce au projet MOCA de l’Université de Montréal, selon Science Presse.

La nature des planémos : entre étoiles et planètes

La nature des planémos : entre étoiles et planètes

Les planémos, ou objets de masse planétaire (planetary-mass object), occupent une place singulière dans la classification céleste. Ils se situent précisément entre la masse de Jupiter et celle des naines brunes. Contrairement aux exoplanètes classiques, ils dérivent dans l’espace sans être liés à une étoile.

Ces objets présentent une masse comprise entre une et 10 fois celle de Jupiter. Ils sont particulièrement difficiles à repérer car ils n’émettent qu’une luminosité très faible, principalement dans l’infrarouge, provenant de leur propre chaleur interne.

Les planémos font le pont entre les étoiles et les planètes. Elles sont dotées aussi d’une intrigante atmosphère, tout comme la géante gazeuse Jupiter.
Jonathan Gagné, professeur associé au Département de physique de l’Université de Montréal et conseiller scientifique au Planétarium, via Pieuvre

Le rôle du projet MOCA dans la détection

Le rôle du projet MOCA dans la détection

L’identification de ces objets a été rendue possible par la création de la base de données des amas ouverts et des associations stellaires de Montréal (MOCA). Ce projet, porté par le département de physique de l’Université de Montréal, a permis de distinguer les planémos d’autres corps célestes comme les exoplanètes ou les naines brunes.

Les chercheurs ont observé que certaines de ces planémos se déplacent en concert avec des groupes d’étoiles, bien qu’elles ne soient pas en orbite autour d’elles. Cette méthode de détection a également servi d’outil chronologique : en analysant les objets se déplaçant ensemble, les scientifiques ont pu dater des centaines d’étoiles hébergeant des exoplanètes.

Distinction entre planémos et naines brunes

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Bien que les deux soient des objets singuliers, la différence majeure réside dans la masse et la température. Les naines brunes, souvent qualifiées d’étoiles avortées, sont nettement plus massives que les géantes gazeuses de notre système solaire.

Caractéristique Planémos Naines brunes
Masse relative (vs Jupiter) 1 à 10 fois 13 à 80 fois
Lien stellaire Errantes (pas d’étoile) Solo ou en groupe
Température Chaleur interne faible Écarts importants (froides ou chaudes)

L’avantage scientifique de l’absence d’étoile

Le fait que les planémos ne tournent pas autour d’une étoile est un obstacle à leur détection, mais un atout majeur pour leur analyse. Lorsqu’une planète orbite autour d’une étoile, la luminosité de cette dernière aveugle souvent les instruments de mesure, rendant l’étude de l’atmosphère complexe.

Une fois détectés, il est plus facile d’étudier leur atmosphère, grâce à l’absence d’une étoile brillante aveuglant les instruments de mesure.
Jonathan Gagné, astrophysicien, via Science Presse

Cette capacité d’observation accrue permet d’affiner la compréhension de la formation atmosphérique. Selon Jonathan Gagné, cela fera progresser les connaissances fondamentales sur les étoiles et les planètes, tout en éclairant les divers scénarios de formation des atmosphères d’exoplanètes.

Contexte global : la traque des exoplanètes

La découverte des planémos s’inscrit dans un effort plus large de recensement des mondes hors de notre système solaire. Le terme planémo a été introduit en 2003 par l’astrophysicien américain Gibor Basri lors d’un congrès de l’Union astronomique internationale.

À ce jour, on dénombre près de 8 000 exoplanètes, dont 6 000 sont confirmées. La majorité d’entre elles, soit les trois quarts, ont été détectées via la méthode du transit, qui observe la baisse de luminosité d’une étoile lorsqu’une planète passe devant elle.

La diversité des mondes découverts est vaste, allant de géantes gazeuses extrêmes comme WASP-39 b, située à 700 années-lumière, jusqu’à des super-Terres rocheuses telles que TOI-561 b. Les chercheurs commencent également à identifier des planètes dont la masse se rapproche de celle de la Terre.

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