Publié le 24 décembre 2025 à 22h50. Une simulation informatique met en lumière la rapidité avec laquelle une souche de grippe aviaire pourrait se propager à l’homme et déclencher une pandémie, soulignant l’importance cruciale d’une intervention précoce et de mesures de confinement efficaces.
- Une étude de l’Université d’Ashoka révèle que des mesures rapides de confinement dans les élevages avicoles peuvent empêcher la transmission de la grippe aviaire à l’homme.
- La simulation montre qu’une fois la transmission interhumaine établie, il devient extrêmement difficile d’endiguer la propagation du virus.
- Les chercheurs insistent sur la nécessité d’agir avant que la propagation ne devienne communautaire, où seuls des outils plus drastiques comme les confinements et la vaccination de masse seraient envisageables.
Des scientifiques ont développé une simulation informatique pour évaluer le potentiel de transmission de la grippe aviaire à l’homme et les conséquences d’une éventuelle pandémie, baptisée « maladie X » par les experts. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère la grippe aviaire hautement pathogène (IAHP) comme un candidat sérieux pour cette menace.
La recherche, publiée dans BMC Public Health, examine la vitesse à laquelle une épidémie pourrait s’aggraver une fois que la transmission entre humains est amorcée. À ce jour, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) n’a enregistré aucun cas de transmission interhumaine, mais l’ampleur et la portée géographique des récentes détections chez les oiseaux sauvages sont sans précédent pour cette période de l’année.
La grippe aviaire s’est propagée à des niveaux élevés dans le monde entier au cours des cinq dernières années, affectant non seulement les oiseaux sauvages et d’élevage de l’Union européenne, mais également d’autres mammifères tels que les visons, les chats et même un ours captif. Cette propagation à d’autres espèces augmente le risque que le virus atteigne finalement les humains.
La simulation se déroule dans une petite ville de l’État du Tamil Nadu, dans le sud de l’Inde, une région comptant plus de 1 600 exploitations avicoles et abritant plus de 70 millions de poulets. Les chercheurs ont simulé un foyer dans une ferme avicole, en comparant deux scénarios : un confinement rapide des oiseaux infectés, qui empêche toute transmission à l’homme, et un retard ou une absence de mesures de contrôle, qui conduit à l’infection de plusieurs travailleurs.
Les résultats de la simulation indiquent qu’il existe une fenêtre d’opportunité limitée, entre deux et dix cas détectés, pour contrôler la propagation du virus avant qu’il ne s’échappe dans la communauté. Une mise en quarantaine rapide des foyers infectés pourrait alors suffire à contenir l’épidémie. Cependant, si le nombre de cas atteint dix, les simulations montrent que des membres des foyers infectés ont déjà transmis le virus sur leur lieu de travail et à l’école, créant ainsi de nouvelles chaînes de transmission indépendantes.
Selon les chercheurs, retarder la quarantaine à dix cas équivaut à une absence d’intervention précoce, car une grande partie de la propagation s’est déjà produite. Ils soulignent donc l’urgence d’agir avant que la propagation ne devienne communautaire, où seuls des outils plus généraux tels que les confinements et la vaccination de masse seraient efficaces.
Il est important de noter que la simulation présente certaines limites. Elle ne prend pas en compte la possibilité de foyers multiples simultanés, les changements de comportement tels que l’utilisation d’ équipement de protection individuelle après la détection de foyers, ni la présence de mammifères hôtes intermédiaires.
