Publié le 26 août 2025 10:45. L’accession à la propriété immobilière devient un mirage pour de nombreux Espagnols, en particulier les jeunes, face à une flambée des prix et une dynamique spéculative. L’économiste Santiago Niño Becerra estime que ce modèle atteint ses limites et que la hausse des prix ne pourra pas se maintenir indéfiniment.
- L’idée que posséder un logement est la norme en Espagne a alimenté une spirale spéculative.
- De nombreux acquéreurs potentiels se lancent dans l’achat même sans disposer des ressources nécessaires, par crainte de voir le marché leur échapper.
- Selon l’économiste Santiago Niño Becerra, la capacité de payer constitue une limite naturelle à la hausse des prix.
La situation sur le marché immobilier espagnol est de plus en plus tendue. L’acquisition d’un logement, qu’il s’agisse d’acheter ou de louer, est devenue extrêmement difficile, en particulier pour les jeunes générations qui souhaitent s’installer et construire leur avenir. Chaque année, les prix atteignent de nouveaux sommets, éloignant un peu plus le rêve de devenir propriétaire.
L’économiste Santiago Niño Becerra a analysé cette situation lors de son intervention dans l’émission ‘Revolució 4.0’ de Catalunya Ràdio. Il souligne que, depuis des décennies, la société espagnole promeut l’idée que la propriété immobilière est un objectif normal et souhaitable. Cette mentalité a conduit à un modèle économique axé à la fois sur la propriété et sur la spéculation.
Selon l’expert, cette dynamique a atteint un point critique. De nombreux particuliers se précipitent pour acheter, même s’ils n’ont pas les moyens financiers de le faire, par peur de passer à côté d’une opportunité et de voir les prix continuer à grimper.
« Même si vous êtes trop fatigués pour le payer maintenant, dans quelques temps ce sera inaccessible. »
Santiago Niño Becerra, économiste
Cette course à l’acquisition a engendré un déséquilibre important. De plus en plus de personnes s’endettent massivement, convaincues que les prix ne feront qu’augmenter l’année suivante. Les prêts hypothécaires s’allongent, les prêts familiaux se multiplient, et les salaires ne suivent pas le rythme de la hausse des prix, créant un scénario préoccupant pour la classe moyenne.
Fin de la montée
Cependant, Santiago Niño Becerra estime que ce modèle économique est voué à disparaître. Il explique que les logements destinés à la classe moyenne ne pourront pas continuer à augmenter indéfiniment, car la capacité de payer constitue une limite naturelle. « Payer » implique non seulement de pouvoir s’endetter, mais aussi de disposer de revenus qui augmentent au même rythme que le prix du logement, ce qui n’est plus le cas actuellement. Lorsque cette marge de manœuvre est épuisée, la hausse des prix s’arrêtera naturellement.



