Publié le 10 décembre 2025 à 08h44. Le gouvernement espagnol, dirigé par Pedro Sánchez, a été vivement critiqué mercredi lors d’une séance de contrôle parlementaire, confronté à des accusations de gestion opaque de plusieurs affaires de harcèlement sexuel au sein du PSOE et à des controverses impliquant des membres de son exécutif.
- L’opposition accuse le gouvernement de faire preuve de complaisance envers des individus soupçonnés de harcèlement sexuel et de corruption.
- Des cas de harcèlement sexuel ont été révélés au sein du PSOE, notamment impliquant Francisco Salazar, dont la promotion a été suspendue puis remise en question.
- Le leader de l’opposition, Alberto Núñez Feijóo, a attaqué Pedro Sánchez sur sa politique féministe, la qualifiant d’hypocrite.
La séance de contrôle parlementaire a été marquée par des échanges particulièrement vifs entre Pedro Sánchez et Alberto Núñez Feijóo, le chef de file du Parti Populaire (PP). Feijóo a mis en lumière une série d’affaires impliquant des membres du gouvernement et du PSOE, remettant en question la crédibilité de la politique féministe affichée par l’exécutif.
Au cœur des critiques se trouve l’affaire Francisco Salazar, accusé de harcèlement sexuel envers des collègues socialistes. Après un tollé interne au PSOE, d’autres cas de harcèlement ont été signalés à Torremolinos (Málaga) et dans la Députation Forale de Lugo. L’inaction initiale face aux plaintes internes a été particulièrement dénoncée. Selon des informations divulguées, le procureur général de l’État, Álvaro García Ortiz, a confirmé que des données confidentielles concernant Alberto González Amador, le compagnon de la présidente de la Communauté de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, ont été divulguées, potentiellement avec l’autorisation de García Ortiz lui-même. Plus d’informations sur la sentence du procureur général.
Feijóo a interrogé Sánchez sur les raisons pour lesquelles des personnes impliquées dans des affaires de harcèlement et de corruption ont été nommées à des postes de confiance. Il a notamment évoqué l’ancien ministre José Luis Ábalos et son ancien conseiller Koldo García, impliqués dans une affaire de corruption.
« Vous les avez tous choisis parce qu’ils sont faits à votre image et à votre ressemblance. Vous n’êtes pas meilleur qu’eux, vous en faites partie. Silence dans la Moncloa pour ceux qui harcèlent leurs collègues. »
Alberto Núñez Feijóo, leader du Parti Populaire
Sánchez a défendu son gouvernement, qualifiant les accusations de “faux féminisme” et accusant l’opposition de négationnisme. Il a minimisé l’affaire Salazar, la qualifiant de “harcèlement au travail” – une expression qu’il a répétée à plusieurs reprises – et soulignant que ce type de problème était structurel, touchant une femme sur trois dans son environnement professionnel. Il a également mis en avant les mesures prises par son gouvernement pour lutter contre le harcèlement, notamment l’obligation d’adopter des protocoles de prévention.
Sánchez a par ailleurs reproché au PP son inaction face à des cas similaires dans des régions sous sa responsabilité, notamment à Algésiras (Cadix) et Estepona (Málaga). Il a également souligné que la véritable menace venait de la coalition formée avec Vox, le parti d’extrême droite.
L’absence de la vice-présidente María Jesús Montero et de la ministre Pilar Alegría, toutes deux impliquées dans la gestion de l’affaire Salazar, a été remarquée. Sánchez n’a pas commenté cette absence.
Santiago Abascal, le président de Vox, a dénoncé un gouvernement noyé dans des “complots” et a affirmé que les femmes étaient en danger sous la direction de Sánchez. Gabriel Rufián (ERC), bien qu’ayant tenté de recentrer le débat sur des questions sociales comme le logement, n’a pu échapper aux critiques et aux railleries concernant les affaires impliquant des membres du gouvernement.
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