Publié le 9 janvier 2026 à 09h08. Une décision sans précédent a secoué le monde littéraire égyptien : le jury du prestigieux Prix Sawiris a choisi de ne pas attribuer de première place dans la catégorie « Recueil de nouvelles – Jeunes écrivains », suscitant un débat passionné sur l’état de la nouvelle en Égypte.
- Le jury du Prix Sawiris a refusé d’attribuer la première place dans la catégorie « Recueil de nouvelles – Jeunes écrivains ».
- Cette décision fait suite à une évaluation des œuvres soumises jugées globalement insuffisantes en termes de construction artistique et de maîtrise des techniques narratives.
- La décision a provoqué des réactions contrastées au sein de la communauté culturelle, entre soutien et critiques.
L’annonce, faite le 8 janvier 2026, a immédiatement déclenché une vive polémique au sein de la communauté littéraire égyptienne. Seule la deuxième place de la catégorie a été attribuée à l’écrivaine Nesma Odeh pour son recueil intitulé « Petites Souris ». Cette situation inédite soulève des questions sur les critères d’évaluation et l’avenir de la nouvelle en Égypte.
Selon le critique et écrivain Girgis Shukri, membre du jury de la catégorie « Jeunes écrivains », de nombreuses œuvres soumises présentaient des lacunes significatives.
« Un grand nombre d’œuvres soumises dans la branche de la nouvelle manquaient des composants et des règles de la nouvelle »,
Girgis Shukri, critique et écrivain
Il a précisé que ces lacunes concernaient la construction artistique et la connaissance des outils spécifiques à cet art narratif. Le jury a donc estimé qu’aucune œuvre ne méritait la première place, considérant cette décision comme un « message » aux jeunes écrivains, les incitant à approfondir leurs connaissances et à travailler davantage sur la qualité littéraire de leurs textes.
Concernant la catégorie roman – Jeunes écrivains, Girgis Shukri a souligné la qualité remarquable des œuvres présentées, allant jusqu’à évoquer la possibilité d’attribuer plusieurs prix en raison de la diversité et de la force des propositions. Le jury de cette catégorie était composé de Mahmoud Al-Wardani (rapporteur), Basma Abdel Aziz, Girgis Shukri, Jihan Al-Gharbawi et Munira Suleiman.
La décision du jury a suscité des réactions mitigées. Certains écrivains et critiques ont défendu le droit du jury à ne pas récompenser une œuvre qu’ils jugent insuffisante, estimant que cela relevait d’une exigence de rigueur artistique. D’autres ont critiqué le manque de clarté des justifications invoquées, suggérant qu’un rapport critique détaillé aurait été plus constructif pour les jeunes auteurs. Ils ont également souligné que la crise de la nouvelle en Égypte est liée à un contexte culturel plus large, marqué par un déclin des espaces de publication et de critique littéraire.
Sur les réseaux sociaux, les débats ont été particulièrement animés. Certains internautes ont dénoncé un discours paternaliste de la part de Girgis Shukri, estimant qu’il imposait une définition restrictive de l’art narratif. D’autres ont souligné que la responsabilité du déclin de la nouvelle ne pouvait pas incomber uniquement aux jeunes écrivains, mais qu’il fallait prendre en compte les difficultés rencontrées par la création littéraire dans le contexte actuel.
