Publié le 26 octobre 2025 à 12h12. L’Argentine, dirigée par le président Javier Milei, tente de redresser une économie fragile grâce à des mesures d’austérité drastiques. Des élections partielles cruciales se déroulent aujourd’hui pour évaluer le soutien à sa politique.
- L’inflation en Argentine a considérablement ralenti, mais le coût de la vie reste élevé pour de nombreux Argentins.
- Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un prêt de 20 milliards de dollars sur deux ans pour soutenir l’Argentine.
- Le taux de chômage a légèrement augmenté sous la présidence de Milei, atteignant près de 8 %.
Presque deux ans après son arrivée au pouvoir, Javier Milei voit les premiers résultats de sa politique économique radicale. La tronçonneuse, symbole de ses promesses de coupes budgétaires massives, a permis de freiner l’inflation galopante qui frappait l’Argentine. En 2023 et 2024, les hausses de prix étaient extrêmes. En 2025, la situation s’améliore, mais le chemin vers la stabilité reste long et semé d’embûches.
La réduction des dépenses publiques a également permis de diminuer la dette nationale, ce qui a attiré l’attention favorable du FMI. En avril dernier, l’institution financière a donné son feu vert pour un prêt de 20 milliards de dollars (environ 18,5 milliards d’euros) sur 48 mois. Plus d’informations sur le prêt du FMI.
Cependant, cette politique d’austérité a un coût social important. Les salaires augmentent trop lentement pour compenser l’inflation persistante, ce qui réduit le pouvoir d’achat des Argentins. De nombreuses subventions, notamment sur l’électricité, le carburant et les transports, ont été supprimées. Des dizaines de milliers de fonctionnaires ont été licenciés ou ont vu leurs salaires réduits.
En parallèle, le chômage a légèrement augmenté sous la présidence de Milei, passant de 6 % à près de 8 %. Cela signifie que près d’un Argentin sur treize est actuellement sans emploi, un chiffre significativement plus élevé que les 1 Néerlandais sur 25 au chômage.
Milei a également tenté de stabiliser le peso argentin, qui avait fortement chuté avant son arrivée au pouvoir. Il a utilisé les réserves de dollars du pays pour acheter des pesos, mais le FMI lui a demandé de cesser cette pratique. En échange du prêt, l’Argentine s’est engagée à ne plus maintenir artificiellement le peso à un niveau élevé.
La confiance fragile dans la politique de Milei a été ébranlée par des résultats décevants aux élections locales et par des scandales de corruption. Certains craignent que le président n’ait pas suffisamment de temps pour mettre en œuvre ses réformes.
Le peso a continué de perdre de la valeur. Il y a cinq ans, 1 peso valait encore 0,0054 euro. Aujourd’hui, il ne vaut plus que 0,00058 euro.
Début octobre, les États-Unis ont annoncé un soutien financier de 20 milliards de dollars à l’Argentine, en plus d’un échange de 20 milliards de dollars de dette contre des pesos. Cette injection de dollars avait brièvement renforcé le peso, mais il est depuis revenu à son niveau bas d’avant l’aide américaine.
Les économistes s’accordent à dire que des mesures supplémentaires sont nécessaires pour stabiliser le peso, quelle que soit l’issue des élections de mi-mandat. Ces mesures ne seront pas sans douleur pour les Argentins.
