Publié le 17 décembre 2024. Chaque décembre, le célèbre oratorio Le Messie de Haendel résonne à Toronto d’une manière unique : Tafelmusik y invite le public à chanter en chœur, transformant une œuvre classique en une célébration musicale collective et joyeuse.
- Tafelmusik, orchestre baroque et chœur de chambre, perpétue depuis plus de quarante ans une tradition familiale canadienne avec son Messie à chanter.
- L’événement est dirigé par Ivars Taurins, chef de chœur de Tafelmusik, qui se glisse chaque année dans le rôle d’un Haendel grincheux mais bienveillant.
- Tafelmusik est reconnu internationalement pour son approche historiquement informée de la musique ancienne, couronnée par neuf Prix Juno.
Depuis près de quarante ans, une scène insolite se déroule chaque année au Massey Hall de Toronto. Selon la légende, vers midi, un homme imposant, coiffé d’une perruque du XVIIIe siècle et vêtu d’une robe de chambre fleurie, apparaît, tenant à la main une partition imposante. Il s’agit, bien sûr, d’Ivars Taurins, chef de chœur de Tafelmusik, qui revient chaque année pour diriger Le Messie, l’oratorio de Haendel composé en 1741. Une apparition discrète, sans témoin, qui ne demande pas moins aux musiciens de Tafelmusik de croire en Haendel, même s’ils n’ont pas forcément besoin de croire au Père Noël !
Un Haendel de Noël : Voir, c’est croire
Comment décrire l’expérience ? Un chœur de plusieurs milliers de personnes, rejoignant un orchestre et une chorale de classe mondiale pour interpréter Le Messie à la manière des grandes sociétés chorales britanniques du XIXe siècle. Une tradition familiale canadienne, où l’excellence musicale, la rigueur historique et le sens du spectacle se rencontrent de manière unique. Au centre de cette effervescence, Ivars Taurins, métamorphosé en un Haendel exigeant mais finalement généreux, dirige d’une main de maître. Une vision à la fois folle et joyeuse, que les Torontois chérissent et que le reste du monde devrait découvrir.
Tafelmusik : quarante ans et toujours aussi fort
Fondé en 1979 à Toronto, l’Orchestre baroque et chœur de chambre Tafelmusik s’est forgé une réputation internationale en tant que figure de proue du mouvement de la performance historiquement informée (PHI). L’organisation défend l’idée que l’utilisation d’instruments et de techniques historiques permet une approche plus vivante et passionnante de la musique ancienne. Tafelmusik est également reconnu au-delà des frontières canadiennes, notamment grâce à son statut d’artiste en résidence au Festival Son et Espace d’Irsee, en Bavière, où il se produit depuis près de vingt ans. L’ensemble a également remporté neuf Prix Juno, récompensant son excellence dans les catégories « Meilleur album classique » et « Ensemble de l’année » du Conseil canadien de la musique.
Mais c’est sans doute son Messie annuel qui a permis à Tafelmusik de dépasser les clichés d’un groupe trop intellectuel et rigide. Chaque année, le concert suit un schéma bien établi : trois représentations traditionnelles, où l’œuvre complète, d’une durée d’environ trois heures, est interprétée avec une précision et un respect profonds, sur des instruments d’époque. Un quatuor différent de solistes de renommée internationale se joint à l’ensemble chaque saison, apportant sa propre sensibilité artistique aux célèbres airs tels que « La Trompette sonnera » et « Je sais que mon Rédempteur vit ». Puis vient le quatrième concert, le Chanter, que Tafelmusik présente sans interruption depuis 1986 (à l’exception des années de pandémie).
