Publié le 12 décembre 2025 à 21h02. La Poste brésilienne (Correios) est sur le point de conclure un prêt de 12 milliards de reais (environ 2,3 milliards d’euros) auprès d’un consortium de banques, un financement crucial pour redresser ses finances et éviter la faillite, mais qui dépend de l’approbation d’un plan de restructuration et de la garantie de l’Union.
- Cinq banques – Banque du Brésil, Caixa Econômica Federal, Bradesco, Itaú et Santander – ont finalisé une proposition de prêt.
- Le taux d’intérêt est plafonné à 120 % du CDI (Certificat de Dépôts Interbancaires), le taux de référence du Trésor National.
- Un plan de restructuration incluant un programme de départs volontaires de 15 000 employés est en cours d’élaboration.
Après des semaines de négociations complexes, Correios s’apprête à recevoir une offre formelle de prêt de 12 milliards de reais. Cette somme, bien que inférieure aux 20 milliards de reais initialement demandés, est considérée comme essentielle pour stabiliser la trésorerie de l’entreprise publique et faire face à ses obligations financières immédiates. La proposition doit être approuvée par le conseil d’administration de Correios et ensuite soumise au Secrétariat National du Trésor, avec une demande de garantie de l’Union.
La garantie de l’Union est au cœur des discussions. Elle fonctionne comme une assurance : si Correios était incapable de rembourser le prêt, le Trésor National prendrait en charge la dette. Correios a accumulé des pertes importantes, atteignant 6 milliards de reais au cours de l’année précédente, ce qui rend cette garantie particulièrement cruciale pour convaincre les banques de prêter.
Les premières tentatives de Correios d’obtenir un prêt de 20 milliards de reais avaient échoué en raison de taux d’intérêt trop élevés, proposés initialement à 136 % du CDI. Le Trésor National avait refusé d’accorder une garantie de l’Union dans ces conditions. La participation de Caixa Econômica Federal a permis de faire baisser le taux proposé à 120 % du CDI, un niveau acceptable pour le Trésor.
En échange de la garantie de l’Union, Correios a élaboré un plan de restructuration ambitieux. Ce plan prévoit notamment un programme de départs volontaires (PDV) massif, avec 15 000 suppressions de postes prévues sur trois ans (10 000 en 2026 et 5 000 en 2027). L’entreprise estime que cette mesure permettra d’économiser 1,4 milliard de reais par an à partir de 2027, avec un retour sur investissement en neuf mois. Le plan comprend également le développement de nouveaux modèles d’affaires et la recherche de sources de revenus alternatives.
Le gouvernement fédéral a accéléré la publication de réglementations pour faciliter la mise en place de la garantie de l’Union. Un décret récent autorise les entreprises publiques confrontées à un risque de dépendance financière vis-à-vis du Trésor National à présenter un plan de restructuration. Ce plan doit détailler les besoins d’investissement, les mesures d’ajustement et démontrer la viabilité économique et financière de l’entreprise. Toute opération bénéficiant d’une garantie de l’Union doit être intégrée à ce plan et prouver sa capacité de remboursement.
Le ministre des Finances, Fernando Haddad, a souligné à plusieurs reprises que l’approbation de ce plan de restructuration est une condition sine qua non pour l’obtention de la garantie gouvernementale.
Pour plus d’informations sur la Banque du Brésil, consultez le portail Valor Empresas 360.
