Davos, Suisse – À quelques jours de l’ouverture du Forum économique mondial, Amnesty International tire la sonnette d’alarme sur l’effritement du multilatéralisme et l’urgence de résister aux pressions exercées par les puissances qui bafouent le droit international.
Dans un communiqué publié le 16 janvier 2026, Agnès Callamard, secrétaire générale de l’organisation, dénonce un retour en arrière préoccupant dans les affaires internationales. « L’esprit de dialogue, thème de cette année à Davos, a été douloureusement et de plus en plus absent des affaires internationales ces derniers temps », a-t-elle déclaré.
Amnesty International pointe du doigt le comportement de plusieurs États. Les États-Unis, après le retour au pouvoir de Donald Trump, sont accusés de s’être désengagés des organismes multilatéraux et d’intimider d’autres nations. La Russie et Israël, quant à eux, sont critiqués pour leur mépris des Conventions de Genève et des Conventions sur le génocide, sans être tenus responsables de leurs actes.
« Quelques États puissants s’efforcent sans vergogne de démolir l’ordre fondé sur des règles et de remodeler le monde selon des principes égoïstes », affirme Agnès Callamard. L’intervention américaine au Venezuela, motivée en partie par les intérêts des compagnies pétrolières américaines, est citée en exemple de cette tendance à privilégier les intérêts économiques aux valeurs universelles.
L’organisation appelle à une réaction collective face à ces intimidations et attaques diplomatiques, économiques et militaires. « L’humanité a besoin de dirigeants mondiaux, de dirigeants d’entreprises et de la société civile pour résister collectivement, voire perturber, ces tendances destructrices », insiste-t-elle.
Amnesty International plaide pour une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU afin de limiter l’utilisation du droit de veto, une réglementation plus stricte des nouvelles technologies, un processus décisionnel plus inclusif sur les questions climatiques, ainsi que des traités internationaux sur la fiscalité et la dette pour une économie mondiale plus équitable.
Le communiqué d’Amnesty International mentionne également des situations de crise spécifiques, notamment le génocide en cours à Gaza, l’agression russe contre l’Ukraine, les conflits au Soudan, en République démocratique du Congo et au Myanmar, ainsi que la nécessité d’une élimination rapide des combustibles fossiles et d’un financement climatique accru.
L’organisation souligne également l’importance de la responsabilité des entreprises, en particulier des géants de la technologie, et les risques liés à la déréglementation.
