Une action collective d’une valeur de 80 milliards de dollars (environ 73,5 milliards d’euros) a été déposée en Zambie contre une filiale d’une entreprise minière chinoise, Sino-Metals Leach Zambia, suite à un déversement toxique majeur qui a contaminé la rivière Kafue et affecté des milliers d’agriculteurs et de communautés locales.
L’incident, survenu le 18 février dernier, est dû à l’effondrement d’un barrage de résidus miniers qui a libéré environ 50 millions de litres d’eaux usées acides et jusqu’à 1,5 million de tonnes de déchets dans la rivière Kafue. Les agriculteurs accusent l’entreprise d’être directement responsable de la destruction de leurs récoltes, de la contamination des terres et de la mise en danger de leur santé.
« Leurs moyens de subsistance ont été détruits, leurs terres contaminées et leur avenir rendu incertain », souligne l’analyse de l’affaire. Bien que le montant réclamé soit considéré comme potentiellement exagéré, il reflète, selon des experts, l’absence d’évaluations précises des dommages subis et la réaction légitime de communautés confrontées à des pertes considérables.
L’affaire soulève des questions plus larges sur la gouvernance minière en Zambie, la surveillance environnementale et la responsabilité des entreprises. Si les lois et les normes environnementales zambiennes existent, leur application effective reste un défi majeur. « La Zambie a des lois et des normes environnementales sur papier – le problème est leur mise en œuvre », résume un observateur.
Selon des rapports de la société civile et des médias, le barrage à résidus n’aurait pas été construit conformément aux normes de sécurité en vigueur. L’entreprise, Sino-Metals Leach Zambia, conteste ces allégations, affirmant que le barrage était conforme aux réglementations et que l’empiètement des communautés environnantes aurait fragilisé la structure au fil du temps. Cependant, il est souligné que ces deux versions des faits ne s’excluent pas mutuellement et que la responsabilité première incombe à l’entreprise, qui doit anticiper les réalités sociales et environnementales complexes des sites miniers.
Les conséquences du déversement sont multiples et graves. La pollution a affecté sur une centaine de kilomètres la rivière Kafue, entraînant la mort de nombreux poissons, la contamination des lits de rivière et la perturbation des écosystèmes. L’eau, utilisée pour l’irrigation, la cuisine et la consommation, est désormais impropre à l’usage, exposant les populations à des risques sanitaires importants. Le manque de données fiables et indépendantes sur l’étendue des dommages environnementaux et les effets à long terme sur la santé constitue une source d’inquiétude supplémentaire.
Cet incident n’est pas isolé et met en évidence des défaillances plus larges en matière de gouvernance et de réglementation. Les entreprises minières, motivées par la recherche de profits, peuvent être tentées de réduire les coûts au détriment de la sécurité et de l’environnement, en particulier dans les pays où la surveillance est faible. L’affaire pourrait renforcer les mécanismes de responsabilisation existants et encourager une exploitation minière plus responsable, transparente et respectueuse des réglementations environnementales.
