Publié le 18 décembre 2025 à 11h00. L’intelligence artificielle (IA) s’immisce de plus en plus dans notre quotidien. Mais quel est son réel impact sur nos capacités cognitives et notre bien-être ? Une experte en entraînement cérébral livre son analyse.
- L’IA peut être un outil précieux pour accélérer l’accès à l’information et alléger les tâches répétitives.
- Il est crucial de ne pas substituer les fonctions cérébrales essentielles (mémoire, attention, prise de décision) à l’IA, au risque de perdre en agilité cognitive.
- L’IA peut aider à mieux comprendre et exprimer nos émotions, mais ne doit pas remplacer le contact humain et l’écriture personnelle.
Catalina Hoffmann, experte en stimulation cognitive et créatrice de la méthode Neurofitness®️, revient sur l’intégration de l’IA dans son domaine d’expertise. Forte de plus de 20 ans d’expérience, l’auteure de plus de 10 ouvrages, dont une trilogie consacrée au Neurofitness, et conférencière internationale, partage son regard nuancé sur les opportunités et les limites de cette technologie.
« J’essaie vraiment de ne pas trop utiliser l’intelligence artificielle dans ma vie professionnelle quotidienne, car j’ai un métier qui implique beaucoup de contact direct avec les gens et beaucoup de créativité, et cela ne peut et ne doit pas être remplacé par une technologie », explique Catalina Hoffmann. L’IA lui permet néanmoins d’accéder plus rapidement aux données, lui laissant ainsi plus de temps pour les aspects de son travail où l’humain reste irremplaçable.
L’experte souligne l’importance de ne pas considérer l’IA comme un substitut, mais comme un outil. Elle prend l’exemple de la composition de musique binaurale, qu’elle continue de réaliser elle-même, convaincue que le facteur humain fait une différence significative sur l’impact de cette musique sur le cerveau et les émotions. Elle s’étonne également de la rapidité avec laquelle cette technologie a évolué, y voyant une preuve de la capacité humaine à innover et à surmonter les obstacles.
Pour stimuler l’esprit, Catalina Hoffmann recommande d’utiliser l’IA comme un défi. « On peut lui demander de nous donner une liste aléatoire de 5 mots et nous demander de la répéter quelques heures plus tard. On peut aussi lui demander de nous lancer des défis de calcul mental ou de nous proposer des énigmes », suggère-t-elle. Elle insiste toutefois sur l’importance de privilégier les activités qui sollicitent activement le cerveau et de réserver l’IA aux tâches moins stimulantes, afin de libérer du temps pour des activités plus enrichissantes. Elle renvoie également vers des exercices de Neurofitness pour travailler la logique.
Face aux craintes et aux méfiances que suscite l’IA, Catalina Hoffmann tempère : l’IA peut contribuer à notre bien-être mental et émotionnel, à condition de ne pas l’utiliser comme un substitut au contact humain. « Si nous l’utilisons comme substitut au contact humain, cela n’aide pas, mais elle peut le faire si nous l’utilisons pour mettre des mots sur ce que nous ressentons et vivons », précise-t-elle. Elle encourage à utiliser l’IA comme un outil pour prendre du recul et mieux comprendre ses émotions, tout en soulignant l’importance de continuer à écrire ses sentiments à la main et à les partager avec d’autres. Elle renvoie vers des conseils pour gérer ses émotions.
En conclusion, Catalina Hoffmann estime que la combinaison du cerveau humain et de l’IA est en train de transformer notre façon de vivre, de travailler et de vieillir. Elle souligne que l’IA peut accélérer la recherche sur le cerveau et la santé, mais insiste sur la nécessité de l’utiliser comme un outil et non comme un substitut à nos fonctions cérébrales. « Tant que nous utilisons l’IA comme support et non comme substitut de nos fonctions cérébrales, nous gagnerons », affirme-t-elle.
« L’IA me permet de consacrer plus de temps à des tâches dans lesquelles je suis irremplaçable. »
Catalina Hoffmann
« L’IA peut nous aider si nous l’utilisons comme un outil pour nous lancer des défis. »
Catalina Hoffmann




