Publié le 15 janvier 2024 à 13h16. Le jeune député philippin Francisco “Kiko” Barzaga est confronté à une action en justice pour diffamation intentée par le puissant homme d’affaires Enrique Razon, qui réclame une somme considérable de 110 millions de pesos (environ 1,9 million d’euros) après des accusations de corruption portées sur les réseaux sociaux.
- Enrique Razon poursuit le député Barzaga pour diffamation, réclamant 110 millions de pesos de dommages et intérêts.
- Les accusations de Barzaga concernent des allégations de pots-de-vin versés à des députés pour favoriser l’élection de Martin Romualdez à la présidence de la Chambre des représentants en 2025.
- La situation financière de Barzaga, déjà fragilisée par une suspension, pourrait rendre difficile le paiement d’une telle somme.
Le député Francisco “Kiko” Barzaga, représentant du 4ème district de Cavite, se retrouve dans une situation délicate. L’homme d’affaires Enrique Razon, magnat des ports et des casinos, a déposé une plainte pour cyberdiffamation contre le jeune élu suspendu, exigeant une indemnisation totale de 110 millions de pesos (environ 1,9 million d’euros) en dommages moraux et exemplaires. Cette action en justice fait suite à des publications de Barzaga sur les réseaux sociaux, dans lesquelles il affirmait que Razon avait corrompu des membres du Parti de l’unité nationale (NUP) afin de soutenir la candidature de Martin Romualdez, actuel président de la Chambre des représentants, aux élections de mai 2025.
Barzaga, issu d’une famille politique influente de Dasmariñas, Cavite, avait peut-être cru pouvoir s’en prendre à n’importe qui sans conséquence. Cependant, Razon a démontré une approche différente pour résoudre ce conflit. La situation financière du député de 27 ans est particulièrement préoccupante. Il est actuellement suspendu de ses fonctions pour une durée de deux mois sans salaire, ce qui lui fera perdre 600 000 pesos (environ 10 500 euros) à son retour au Congrès en février. De plus, selon sa dernière déclaration de patrimoine (SALN), sa valeur nette s’élève à seulement 5,375 millions de pesos (environ 94 000 euros).
Plusieurs options s’offrent à Barzaga pour faire face à cette dette potentielle. Il pourrait notamment s’appuyer sur l’héritage de son père, Pidi Barzaga, décédé en avril 2024. Le député avait d’ailleurs été l’un des premiers membres du 20ème Congrès à rendre public son SALN, incluant une note précisant qu’il possédait des actifs non transférés de son père, estimés à 35 millions de pesos (environ 615 000 euros). Il reste à déterminer si cet héritage suffira à couvrir les dommages et intérêts réclamés.
Une autre piste pour Barzaga pourrait être la monétisation de sa présence sur les réseaux sociaux. Il a considérablement augmenté sa base de followers depuis son élection le 30 juin 2025, avec plus d’un million d’abonnés sur chacune de ses deux pages Facebook. Il pourrait théoriquement générer des revenus grâce à la publicité, aux partenariats avec des marques, à la vente de produits dérivés ou aux dons de ses fans. Cependant, la nature politique de son contenu pourrait rendre cette monétisation difficile et risquée, compte tenu des critiques qu’il a déjà essuyées de la part de ses collègues.
Enfin, Barzaga pourrait solliciter l’aide de ses collègues députés. Malgré son statut d’empêtré, il bénéficie du soutien de certains parlementaires. Récemment, il a été aperçu en compagnie de Leandro Legarda Leviste, député du 1er district de Batangas, et d’Eli San Fernando, représentant du parti Kamanggagawa, discutant d’un scandale de corruption lié à des projets de lutte contre les inondations. Leviste et Paolo Marcoleta, un autre député du parti SAGIP, ont publiquement salué Barzaga pour son indépendance d’esprit. Ces députés, ainsi que Robert Nazal et Bong Suntay, avaient d’ailleurs voté contre sa suspension. Il pourrait donc espérer obtenir leur soutien financier.
