Publié le 27 septembre 2025 à 10h21. Des scientifiques explorent la possibilité théorique d’une reproduction humaine sans intervention masculine, un phénomène connu sous le nom de parthénogenèse, bien que des obstacles biologiques et éthiques majeurs subsistent.
- La parthénogenèse, une forme de reproduction asexuée observée chez certaines espèces animales, pourrait, en théorie, être induite chez l’homme grâce à des manipulations génétiques.
- Des expériences réussies sur des souris ont démontré la possibilité de la parthénogenèse chez les mammifères, mais ces résultats nécessitent des modifications génétiques significatives.
- Les experts soulignent les risques liés à un manque de diversité génétique et les préoccupations éthiques entourant l’application de telles technologies à l’espèce humaine.
La reproduction parthénogénétique, ou « naissance vierge », longtemps reléguée au domaine de la science-fiction, suscite un intérêt croissant dans la communauté scientifique. Ce processus, naturellement observé chez certains animaux tels que les requins, les crocodiles, les abeilles et les scorpions, permet à un œuf de se développer sans fécondation par un spermatozoïde. Les raisons pour lesquelles certaines espèces recourent à cette méthode restent floues, mais elle semble souvent liée à l’isolement reproductif des femelles.
Récemment, des avancées significatives ont été réalisées dans la reproduction parthénogénétique chez les mammifères. En 2022, une équipe de chercheurs chinois a annoncé avoir réussi à induire la parthénogenèse chez des souris en utilisant la technologie d’édition génétique CRISPR. Une souris née de cette méthode a non seulement atteint l’âge adulte, mais a également pu se reproduire, ouvrant la voie à des spéculations sur la possibilité d’appliquer cette technique à l’espèce humaine.
Cependant, les scientifiques tempèrent cet enthousiasme. La zoologiste Louise Gentle, de l’Université de Nottingham Trent, estime que la parthénogenèse technique chez l’homme est envisageable, mais uniquement en présence de mutations génétiques spécifiques et de la reproduction entre individus porteurs de ces mutations.
« En effet, il existe des études de laboratoire qui produisent des embryons partenogénétiques chez les mammifères, mais cela se fait par la modification génétique »,
Louise Gentle, zoologiste à l’Université de Nottingham Trent
Selon elle, les cellules d’œuf humaines nécessitent des informations fournies par le sperme, sous forme de modifications épigénétiques, pour se développer en embryons. Des outils comme CRISPR peuvent contourner cette exigence en créant des mutations artificielles, mais leur utilisation chez l’homme soulève de graves questions éthiques.
« En théorie, CRISPR peut être utilisé pour changer les gènes, mais chez l’homme, il est illégal, immoral et contraire à l’éthique »,
Tiago Campos Pereira, professeur de génétique à l’Université du Brésil de São Paulo
D’autres experts soulignent les risques biologiques associés à la parthénogenèse. Le professeur Herman Wijnen, de l’Université de Southampton, rappelle que, jusqu’à présent, seule la souris a réussi à subir ce processus. Il met en garde contre les conséquences à long terme d’une reproduction parthénogénétique, notamment le risque accru de maladies.
La parthénogenèse entraîne la création de clones génétiques identiques de la mère, ce qui réduit considérablement la diversité génétique d’une population. Selon Louise Gentle, ce manque de diversité pourrait menacer la survie de l’espèce et même conduire à son extinction.
« La parthénogenèse est un risque pour la survie des espèces, car si un individu est vulnérable aux maladies, tous seront vulnérables et que la population peut être éteinte »,
Louise Gentle, zoologiste à l’Université de Nottingham Trent
Bien que la parthénogenèse chez l’homme ne soit pas totalement impossible, les scientifiques s’accordent à dire qu’elle doit être évitée pour préserver la continuité de l’humanité.
Découvrez la vidéo “Citations vidéo: Enregistrez les premiers soins si un enfant est une intoxication alimentaire!“
(AVK / KNA)
