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Quentin Tarantino: Hollywood fabrique de saucisses sans saveur, préfère lire

by Antoine Girard
Une industrie en déclin : le constat amer de Quentin Tarantino

Quentin Tarantino, 63 ans, a vivement critiqué l’état actuel de l’industrie cinématographique hollywoodienne dans un essai pour le magazine Sight and Sound. Le réalisateur de Pulp Fiction a qualifié Hollywood de « fabrique de saucisses sans saveur », affirmant qu’il préférerait désormais lire un livre plutôt que de visionner la majorité des nouveautés.

Une industrie en déclin : le constat amer de Quentin Tarantino

Le sentiment de désenchantement est palpable. Dans une tribune publiée récemment, la figure de proue du cinéma indépendant contemporain ne mâche pas ses mots sur la dérive de la production de masse. Selon The Guardian, Tarantino estime que depuis la pandémie, il est devenu presque impossible pour lui de découvrir un film qui ne l’incite pas à une analyse impitoyable de ses failles. Pour le cinéaste, le problème est structurel. Il ne s’agit pas simplement de mauvais films, mais d’une perte d’âme qui transforme l’art en un produit industriel dénué de substance.

« Les défauts, les invraisemblances, la recherche du consensus auprès du public, les erreurs de casting ou simplement des conneries pures et simples torpédent habituellement chaque nouveau film sortant de cette fabrique de saucisses sans saveur qui s’appelait autrefois Hollywood. »

Une industrie en déclin : le constat amer de Quentin Tarantino
cluster (priority): World of Reel
Une industrie en déclin : le constat amer de Quentin Tarantino
cluster (priority): The Hollywood Reporter
Quentin Tarantino, via The Guardian Cette amertume n’est pas totalement nouvelle, mais elle atteint un nouveau sommet. Si Tarantino avait pu pardonner aux productions des années 1980 parce qu’il aimait encore l’expérience de la salle obscure, il juge la situation actuelle bien plus grave. Il compare même les six dernières années à la décennie 1980, affirmant que cette dernière semble être l’âge d’or des années 1930 en comparaison de la médiocrité actuelle. « Ces jours-ci, cependant, le concept même de ce qu’est un film est plus enclin à m’inspirer du mépris que de la générosité », écrit-il, ajoutant avec une pointe de lassitude qu’il préférerait désormais se réfugier dans la lecture.

Les rares lueurs d’espoir : de ‘The Rip’ à ‘Horizon’

Malgré ce pessimisme radical, le réalisateur n’est pas totalement déconnecté de la création. Il a tout de même identifié quelques œuvres récentes qui ont réussi à captiver son attention et à le transporter dans ce qu’il appelle la « terre magique du plaisir ».
  • West Side Story (2021)
  • Horizon: An American Saga, Chapitres 1 et 2 (2024)
  • The Rip (2026)
C’est vers ces quelques exceptions que se tourne son regard pour justifier que le cinéma n’est pas encore totalement mort. Cependant, le véritable coup de cœur de son essai est sans conteste le thriller policier de Joe Carnahan, disponible sur Netflix.

Entre éloges et litiges juridiques pour ‘The Rip’

Variety rapporte que Tarantino a été particulièrement impressionné par la structure et l’exécution de ce film centré sur la corruption au sein du Miami-Dade Police Department, impliquant 20 millions de dollars de l’argent d’un cartel. Le réalisateur a salué la direction de Carnahan, la photographie de Juan Miguel Azpiroz et, surtout, le scénario de Carnahan et Michael McGrale, qu’il qualifie de « sensationnel ». Le film, porté par le duo Matt Damon et Ben Affleck, ainsi que par Steven Yeun et Teyana Taylor, ne fait pas que l’unanimité chez les critiques. Il est au cœur d’une controverse juridique majeure.

« Le film est un thriller policier captivant avec un concept novateur qui parvient à tenir ses promesses de manière très intelligente. »

Quentin Tarantino on Movies He Dislikes
Entre éloges et litiges juridiques pour 'The Rip'
cluster (priority): Variety
Quentin Tarantino, via Variety Selon The Hollywood Reporter, la société de production de Damon et Affleck fait l’objet d’une poursuite en diffamation intentée par deux officiers du Miami-Dade Police Department. Ces derniers affirment que le film a porté atteinte à leur réputation en mélangeant des détails romancés avec des faits issus de leur expérience réelle.

L’avenir de Tarantino : entre théâtre et retraite annoncée

Alors que le cinéma semble l’ennuyer, Quentin Tarantino semble chercher de nouveaux horizons pour exprimer sa créativité. Il travaille actuellement sur une pièce de théâtre intitulée The Popinjay Cavalier, une comédie d’aventure de style swashbuckling qui devrait faire ses débuts dans le West End de Londres en 2027. Cette transition vers la scène pourrait marquer un tournant définitif. Le cinéaste, dont le dernier long-métrage remonte à Once Upon a Time… in Hollywood en 2019, a déjà exprimé son intention de ne réaliser qu’un seul film supplémentaire avant de se retirer définitivement du septième art. Son désillusion ne concerne pas seulement la qualité des récits, mais aussi le modèle économique de la distribution. Comme l’indique USA Today, Tarantino a critiqué lors du festival de Sundance 2025 la rapidité avec laquelle les films passent des salles de cinéma aux plateformes de streaming.

« Qu’est-ce qu’un film, désormais ? Quelque chose qui est projeté au cinéma pour une sortie symbolique de quatre semaines, et qu’à la deuxième semaine, vous pouvez regarder à la télévision ? Je ne me suis pas lancé dans tout cela pour obtenir des rendements décroissants. »

Quentin Tarantino, via USA Today Entre la menace d’une retraite prochaine et son investissement dans le théâtre londonien, l’un des plus grands maîtres du cinéma moderne semble avoir déjà commencé à tourner le dos à l’industrie qui l’a fait connaître.

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