Quentin Tarantino, 63 ans, a vivement critiqué l’état actuel de l’industrie cinématographique hollywoodienne dans un essai pour le magazine Sight and Sound. Le réalisateur de Pulp Fiction a qualifié Hollywood de « fabrique de saucisses sans saveur », affirmant qu’il préférerait désormais lire un livre plutôt que de visionner la majorité des nouveautés.
Une industrie en déclin : le constat amer de Quentin Tarantino
Le sentiment de désenchantement est palpable. Dans une tribune publiée récemment, la figure de proue du cinéma indépendant contemporain ne mâche pas ses mots sur la dérive de la production de masse. Selon The Guardian, Tarantino estime que depuis la pandémie, il est devenu presque impossible pour lui de découvrir un film qui ne l’incite pas à une analyse impitoyable de ses failles. Pour le cinéaste, le problème est structurel. Il ne s’agit pas simplement de mauvais films, mais d’une perte d’âme qui transforme l’art en un produit industriel dénué de substance.« Les défauts, les invraisemblances, la recherche du consensus auprès du public, les erreurs de casting ou simplement des conneries pures et simples torpédent habituellement chaque nouveau film sortant de cette fabrique de saucisses sans saveur qui s’appelait autrefois Hollywood. »


Les rares lueurs d’espoir : de ‘The Rip’ à ‘Horizon’
Malgré ce pessimisme radical, le réalisateur n’est pas totalement déconnecté de la création. Il a tout de même identifié quelques œuvres récentes qui ont réussi à captiver son attention et à le transporter dans ce qu’il appelle la « terre magique du plaisir ».- West Side Story (2021)
- Horizon: An American Saga, Chapitres 1 et 2 (2024)
- The Rip (2026)
Entre éloges et litiges juridiques pour ‘The Rip’
Variety rapporte que Tarantino a été particulièrement impressionné par la structure et l’exécution de ce film centré sur la corruption au sein du Miami-Dade Police Department, impliquant 20 millions de dollars de l’argent d’un cartel. Le réalisateur a salué la direction de Carnahan, la photographie de Juan Miguel Azpiroz et, surtout, le scénario de Carnahan et Michael McGrale, qu’il qualifie de « sensationnel ». Le film, porté par le duo Matt Damon et Ben Affleck, ainsi que par Steven Yeun et Teyana Taylor, ne fait pas que l’unanimité chez les critiques. Il est au cœur d’une controverse juridique majeure.« Le film est un thriller policier captivant avec un concept novateur qui parvient à tenir ses promesses de manière très intelligente. »

L’avenir de Tarantino : entre théâtre et retraite annoncée
Alors que le cinéma semble l’ennuyer, Quentin Tarantino semble chercher de nouveaux horizons pour exprimer sa créativité. Il travaille actuellement sur une pièce de théâtre intitulée The Popinjay Cavalier, une comédie d’aventure de style swashbuckling qui devrait faire ses débuts dans le West End de Londres en 2027. Cette transition vers la scène pourrait marquer un tournant définitif. Le cinéaste, dont le dernier long-métrage remonte à Once Upon a Time… in Hollywood en 2019, a déjà exprimé son intention de ne réaliser qu’un seul film supplémentaire avant de se retirer définitivement du septième art. Son désillusion ne concerne pas seulement la qualité des récits, mais aussi le modèle économique de la distribution. Comme l’indique USA Today, Tarantino a critiqué lors du festival de Sundance 2025 la rapidité avec laquelle les films passent des salles de cinéma aux plateformes de streaming.« Qu’est-ce qu’un film, désormais ? Quelque chose qui est projeté au cinéma pour une sortie symbolique de quatre semaines, et qu’à la deuxième semaine, vous pouvez regarder à la télévision ? Je ne me suis pas lancé dans tout cela pour obtenir des rendements décroissants. »
Quentin Tarantino, via USA Today Entre la menace d’une retraite prochaine et son investissement dans le théâtre londonien, l’un des plus grands maîtres du cinéma moderne semble avoir déjà commencé à tourner le dos à l’industrie qui l’a fait connaître.