Publié le 2 novembre 2023 19h50. Plusieurs géants du divertissement japonais s’insurgent contre l’utilisation non autorisée de leurs œuvres par l’intelligence artificielle Sora 2 d’OpenAI, craignant une violation massive du droit d’auteur.
- La Content Overseas Distribution Association (CODA), représentant des entreprises comme Toei et Square Enix, a demandé à OpenAI de cesser d’utiliser leur propriété intellectuelle pour entraîner son IA.
- Le gouvernement japonais a également exprimé son inquiétude quant à l’utilisation d’anime et de jeux vidéo japonais par Sora 2.
- CODA exige qu’OpenAI cesse d’utiliser le contenu de ses membres sans autorisation et réponde aux plaintes pour violation du droit d’auteur.
La Content Overseas Distribution Association (CODA), qui regroupe des acteurs majeurs de l’industrie du divertissement japonaise, a adressé une demande formelle à OpenAI pour mettre fin à l’utilisation non autorisée de leurs créations dans le développement de son intelligence artificielle générative Sora 2. Parmi les membres de CODA figurent des sociétés de premier plan telles que le studio de télévision Toei et le développeur de jeux vidéo Square Enix.
Près de vingt entreprises ont cosigné cette missive, accusant OpenAI de contrefaçon. Elles estiment qu’une part significative du contenu généré par Sora 2 « ressemble fortement à des œuvres ou des images japonaises », ce qui suggère que des données d’apprentissage automatique issues du Japon ont été utilisées. La CODA critique la politique d’OpenAI qui permet l’utilisation d’œuvres protégées par le droit d’auteur à moins que les ayants droit ne s’y opposent explicitement. Selon l’association, la législation japonaise devrait plutôt imposer un système d’exclusion par défaut, nécessitant une autorisation préalable pour l’utilisation de telles œuvres.
Dans sa demande, la CODA formule deux exigences précises à OpenAI : d’une part, qu’elle cesse d’utiliser le contenu de ses membres pour l’entraînement de Sora 2 sans autorisation préalable ; et d’autre part, qu’elle « réponde de manière appropriée aux réclamations et aux demandes des sociétés membres de la CODA concernant les violations du droit d’auteur liées aux productions de Sora 2 ».
Cette action intervient après que le gouvernement japonais a également exprimé son mécontentement, en octobre dernier, concernant l’utilisation d’anime et de jeux vidéo locaux, tels que One Piece et Demon Slayer, par Sora 2. Minoru Kiuchi, ministre d’État chargé de la propriété intellectuelle et de la stratégie de l’IA, avait alors qualifié ces œuvres de « trésors irremplaçables » de la culture japonaise. D’autres responsables politiques avaient également critiqué le modèle génératif.
Plus tôt cette année, Sam Altman, le PDG d’OpenAI, avait évoqué la possibilité de créer des images dans le style du Studio Ghibli grâce à une mise à jour de ChatGPT. Ces images ont ensuite été utilisées par la Maison Blanche dans le cadre de campagnes de communication sur les expulsions, suscitant des controverses.
À ce jour, OpenAI n’a pas répondu à la demande de la CODA. Cependant, plusieurs entreprises ont déjà prévenu qu’elles « prendront les mesures juridiques et éthiques appropriées en cas de violation du droit d’auteur », qu’elles utilisent ou non l’IA générative, comme l’indique une déclaration récente.
[via Automaton]
