Publié le 14 janvier 2026 à 12h28. Une étude de l’École Sant’Anna de Pise révèle que même une restauration partielle de la connexion nerveuse entre le cerveau et le cœur peut protéger ce dernier contre les effets du vieillissement, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.
- La préservation de la connexion entre le nerf vague et le cœur, en particulier la branche droite, agit comme un facteur anti-âge pour les cardiomyocytes.
- Même une restauration partielle de cette connexion peut contrecarrer les mécanismes de remodelage cardiaque et préserver son efficacité contractile.
- Des chercheurs ont développé un dispositif innovant pour favoriser la régénération nerveuse spontanée du nerf vague au niveau cardiaque.
Le cœur et le cerveau sont intimement liés, et la rupture de cette connexion peut avoir des conséquences néfastes. Ce lien crucial est assuré par le nerf vague, véritable « autoroute nerveuse » reliant le tronc cérébral à l’abdomen. Une récente étude publiée dans Science Translational Medicine, coordonnée par l’École Sant’Anna de Pise, a mis en évidence le rôle protecteur de ce nerf contre le vieillissement cardiaque.
Les travaux, menés par le professeur Vincenzo Lionetti en collaboration avec une équipe de médecine expérimentale et de bio-ingénierie, démontrent qu’une intégrité compromise du nerf vague accélère le vieillissement du cœur. L’étude révèle que la restauration, même partielle, de la connexion entre le nerf vague droit et le cœur est suffisante pour contrer les processus de remodelage et maintenir une fonction cardiaque efficace.
« Lorsque l’intégrité de la connexion avec le nerf vague est perdue, le cœur vieillit plus rapidement »,
Vincenzo Lionetti, professeur
Le nerf vague droit joue un rôle particulièrement important, agissant comme un véritable gardien de la santé des cellules cardiaques, indépendamment du rythme cardiaque. Il ne se limite pas à ralentir le rythme ou à abaisser la tension artérielle, comme le fait le système parasympathique, mais contribue à préserver la longévité du tissu cardiaque.
Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont mis au point un dispositif innovant capable de stimuler la régénération nerveuse spontanée. « Nous avons développé un canal nerf biorésorbable implantable conçu pour favoriser et guider la régénération spontanée du nerf vague thoracique au niveau cardiaque », explique Eugenio Redolfi Riva, co-auteur du brevet de neuroprothèse de l’Institut Sant’Anna Biorrhobotics. Ce conduit agit comme un échafaudage, encourageant la repousse des fibres nerveuses vers le cœur avant de se résorber naturellement.
Les expériences ont été réalisées sur des porcs de Göttingen, un modèle animal fréquemment utilisé en cardiologie en raison de sa physiologie proche de celle de l’homme. Ce travail a bénéficié de la collaboration de prestigieuses institutions italiennes et internationales, notamment l’École normale supérieure, l’Université de Pise, le Cnr et l’École polytechnique fédérale de Lausanne, et a été financé par des fonds européens du programme Technologies futures et émergentes.
Ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives pour la chirurgie cardiothoracique et la transplantation. La restauration de l’innervation cardiaque vagale lors d’une intervention chirurgicale pourrait constituer une stratégie de protection cardiaque à long terme, modifiant ainsi les pratiques cliniques actuelles.
« Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour la chirurgie cardiothoracique et de transplantation, suggérant que la restauration de l’innervation cardiaque vagale au moment de la chirurgie pourrait représenter une stratégie de protection cardiaque à long terme, changeant le paradigme clinique de la gestion des complications tardives liées au vieillissement cardiaque prématuré à leur prévention. »
Vincenzo Lionetti, professeur
En d’autres termes, au lieu de simplement réparer les dommages et d’attendre les conséquences à long terme, il serait possible d’agir dès le départ pour prévenir le vieillissement prématuré du cœur. Bien que ces recherches soient encore à un stade fondamental, l’idée qu’un nerf puisse agir comme un véritable « élixir de longue vie » pour le cœur ne semble plus aussi improbable.
