Publié le 15 novembre 2025 à 06h30. Des manifestants déguisés en personnages de Pokémon ont perturbé la conférence climatique de l’ONU à Belém, au Brésil, pour dénoncer le financement continu par le Japon de projets énergétiques polluants en Asie du Sud-Est.
- Des militants ont manifesté lors de la COP30, la conférence annuelle sur le climat, pour dénoncer le soutien financier du Japon aux énergies fossiles.
- Ils accusent le Japon de freiner la transition énergétique en Asie en investissant dans des projets de gaz naturel liquéfié et de charbon.
- Une étude révèle que la Banque japonaise pour la coopération internationale a octroyé des milliards de dollars de prêts pour des projets de charbon et de gaz entre 2016 et 2024.
La conférence sur le climat, connue sous le nom de COP30, s’est ouverte cette année à Belém, ville située en bordure de l’Amazonie brésilienne. La première journée thématique était consacrée à l’énergie, ce qui a servi de toile de fond à la manifestation organisée par le collectif “Stop Japan’s Dirty Energy Plans”. L’action visait à attirer l’attention sur le rôle du Japon dans le financement de projets énergétiques controversés dans des pays comme la Thaïlande, la Malaisie, l’Indonésie et les Philippines.
Les manifestants estiment que le Japon, qui se présente souvent comme un leader en matière de décarbonation en Asie et joue un rôle important dans les négociations climatiques internationales, adopte une politique incohérente en continuant à financer des infrastructures liées aux combustibles fossiles.
« Le Japon retarde en fait l’élimination progressive des combustibles fossiles en Asie » en finançant des projets énergétiques, principalement des développements de gaz naturel liquéfié, dans des pays comme la Thaïlande, la Malaisie, l’Indonésie et les Philippines.
Hiroki Osada, Amis de la Terre Japon
Selon une étude publiée en 2025 par le Centre pour l’énergie, l’écologie et le développement, une organisation de recherche et de défense basée aux Philippines, la Banque japonaise pour la coopération internationale (JICA) a financé pour 6,4 milliards de dollars (environ 5,8 milliards d’euros) de prêts pour des projets de charbon et 874 millions de dollars (environ 795 millions d’euros) de prêts pour des projets de gaz entre 2016 et 2024. Ces chiffres sont basés sur des données publiques et bancaires.
Les organisateurs de la manifestation ont souligné l’importance d’alerter les pays du Sud global sur ces investissements, afin qu’ils puissent exercer des pressions sur le gouvernement japonais pour qu’il change de cap. Ils estiment que le soutien financier du Japon aux énergies fossiles compromet les efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique et entrave la transition vers une économie plus durable.
