Publié le 10 décembre 2025 à 20h00. Plus de 240 femmes affirment avoir été droguées lors d’entretiens d’embauche au ministère de la Culture à Paris, un scandale qui met en lumière des pratiques inacceptables et soulève des questions sur la sécurité des candidates.
- Plus de 240 femmes se disent victimes de drogues administrées lors d’entretiens d’embauche.
- Un homme est accusé d’avoir ajouté des diurétiques puissants à du café et du thé.
- Une enquête a été ouverte en 2018, mais les victimes dénoncent sa lenteur.
Un homme est au centre d’une enquête pour avoir drogué plus de 240 femmes lors d’entretiens d’embauche au ministère de la Culture à Paris, sur une période de neuf ans. Selon des témoignages recueillis, l’accusé aurait ajouté un diurétique puissant à du café et du thé qu’il proposait aux candidates.
Les entretiens se déroulaient souvent en extérieur, loin de toute commodité, obligeant les femmes à uriner en public ou sur elles-mêmes, dans un état de détresse physique et psychologique. Plusieurs victimes ont rapporté des sensations de malaise, des tremblements et un besoin urgent et incontrôlable d’uriner.
« Les mains se sont serrées »
Sylvie Delezenne, l’une des femmes qui a dénoncé ces faits, se souvient d’un entretien en 2015, après avoir été contactée via LinkedIn.
« C’était mon rêve de travailler au ministère de la Culture »,
Sylvie Delezenne
Elle a accepté une tasse de café, puis l’entretien s’est prolongé par une longue marche. Rapidement, elle a ressenti des symptômes inquiétants.
« J’ai ressenti un besoin croissant de faire pipi. Mes mains tremblaient, mon cœur battait à tout rompre, des gouttes de sueur coulaient sur mon front et j’avais le visage rouge. »
Sylvie Delezenne
Malgré ses demandes de pause, l’homme a continué à marcher, la forçant à s’accroupir près d’un passage souterrain pour se soulager. L’accusé lui aurait ensuite proposé de la couvrir avec sa veste, un geste qu’elle a trouvé étrange à l’époque.
Pendant des années, Sylvie Delezenne s’est reprochée d’avoir « gâché » cet entretien, sans comprendre les raisons de son malaise.
L’enquête est en cours
L’affaire a été révélée en 2018, après que l’homme a été surpris en train de tenter de photographier les jambes d’une collègue. Une perquisition sur son ordinateur a révélé un document intitulé « expériences », dans lequel il aurait consigné les occasions où il avait drogué des femmes et leurs réactions.
Sylvie Delezenne a été contactée par la police l’année suivante, après que ses coordonnées ont été retrouvées dans ce document. Elle a depuis reçu un diagnostic de trouble de stress post-traumatique.
L’enquête, toujours en cours, est critiquée par de nombreuses victimes qui jugent sa lenteur inacceptable.
« Le temps qu’il faut avant que cela arrive au tribunal me pèse »,
Sylvie Delezenne
Ce scandale soulève des questions cruciales sur la sécurité des candidates lors des entretiens d’embauche et sur la nécessité de renforcer les mesures de protection contre de tels agissements.
Pour plus d’informations, vous pouvez consulter l’article du Guardian.
