Publié le 12 juillet 2024 18:47:00. Une nouvelle approche utilisant les ultrasons pour ouvrir temporairement la barrière hémato-encéphalique pourrait permettre d’administrer des médicaments anticancéreux directement aux tumeurs cérébrales chez les enfants, offrant un espoir pour des cancers particulièrement agressifs.
- Des microbulles, activées par les ultrasons focalisés, facilitent le passage des médicaments à travers la barrière hémato-encéphalique.
- Une étude pilote a démontré la faisabilité de cette technique chez trois enfants atteints de gliomes diffus de la ligne médiane (DMG) en rechute.
- L’administration du panobinostat, un inhibiteur de l’histone désacétylase, a été réalisée en ambulatoire sans effets secondaires graves majeurs.
Les gliomes diffus de la ligne médiane (DMG), une forme agressive de cancer du cerveau pédiatrique, représentent un défi thérapeutique majeur. Ces tumeurs, qui affectent le tronc cérébral, le thalamus ou la moelle épinière, sont caractérisées par une mutation génétique spécifique (H3K27M) et un pronostic sombre, avec une survie médiane d’un an seulement. La barrière hémato-encéphalique, conçue pour protéger le cerveau des substances nocives, constitue un obstacle majeur à l’administration efficace des médicaments anticancéreux.
Une équipe de chercheurs de l’Université de Columbia a exploré une méthode innovante pour surmonter cet obstacle : l’utilisation des ultrasons focalisés (FUS) pour ouvrir temporairement la barrière hémato-encéphalique. Cette technique repose sur l’injection de microbulles, de minuscules particules qui, lorsqu’elles sont exposées aux ultrasons, se dilatent et se contractent, augmentant ainsi la perméabilité de la barrière. Des études préliminaires sur des modèles murins de DMG avaient déjà suggéré que cette approche, combinée à l’administration de panobinostat, un médicament prometteur in vitro, pouvait avoir des effets bénéfiques.
Une première étude clinique chez l’enfant a été menée pour évaluer la faisabilité de cette technique. Trois jeunes patients atteints de DMG en rechute ont reçu du panobinostat par voie orale, associé à des séances de FUS réalisées en ambulatoire, tous les deux jours. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) avec contraste a confirmé l’ouverture de la barrière hémato-encéphalique dans les zones tumorales ciblées. Au total, 22 procédures FUS ont été réalisées sur un seul site tumoral et quatre sur deux sites, sans nécessiter de sédation ou d’anesthésie dans la majorité des cas.
Selon les chercheurs, l’administration de FUS s’est avérée réalisable même à des intervalles courts, ouvrant la voie à des traitements plus fréquents. Un seul événement indésirable grave (de grade cinq) a été observé, mais il a été jugé peu probable d’être directement lié à l’utilisation des ultrasons.
« Les enseignements tirés de ce travail pourraient orienter les efforts visant à traduire des approches thérapeutiques combinées pour améliorer les résultats pour les enfants atteints de cette maladie mortelle. »
Cheng-Chia Wu, PhD, Université de Columbia
Les chercheurs soulignent que cette technique pourrait permettre d’administrer des médicaments systémiques, qui ne parviennent généralement pas à pénétrer dans le cerveau, directement aux tumeurs. Ils prévoient de poursuivre leurs recherches pour optimiser cette approche et évaluer son efficacité à long terme. L’étude complète a été publiée dans la revue Science Translational Medicine.
