Publié le 4 janvier 2026 à 23h00. La redoutable morsure du Tyrannosaurus rex, symbole de puissance préhistorique, n’était pas aussi efficace chez les jeunes individus, qui devaient adapter leur stratégie alimentaire en raison de la structure moins développée de leur mâchoire.
- Les jeunes Tyrannosaurus rex n’avaient pas la force musculaire ni la profondeur de mâchoire nécessaires pour briser les os comme leurs parents adultes.
- Une étude basée sur des modèles 3D a révélé que les mâchoires des jeunes tyrannosaures étaient plus susceptibles de subir des contraintes importantes si elles étaient soumises aux mêmes forces qu’une mâchoire adulte.
- L’analyse par éléments finis, une technique d’ingénierie habituellement appliquée à des structures comme les ponts et les avions, a permis de simuler la morsure du tyrannosaure et d’évaluer le stress sur ses mâchoires.
Le Tyrannosaurus rex, l’un des dinosaures les plus emblématiques, est surtout connu pour sa force de morsure impressionnante. Les adultes utilisaient une technique de « morsure par coup de couteau », enfonçant leurs dents dans la chair et les os pour en arracher des morceaux. Cependant, de nouvelles recherches suggèrent que les jeunes individus de cette espèce avaient une approche différente, dictée par les limitations de leur anatomie.
Eric Snively, de l’Université d’État d’Oklahoma, et Andre J. Rowe ont mené une étude approfondie sur les stratégies alimentaires des tyrannosaures à différents stades de leur développement. Leurs travaux, basés sur des modélisations 3D, ont mis en évidence des différences significatives dans la capacité de morsure entre les jeunes et les adultes.
L’équipe de recherche a utilisé des scans 3D de spécimens de tyrannosaures à différents âges, notamment celui de Raptorex, un jeune tyrannosaure mongol, considéré comme un substitut pour un T. rex juvénile âgé de 3 à 6 ans. Ils ont également analysé des modèles 3D de « Jane », une adolescente T. rex conservée au Burpee Museum, et de « Sue », un spécimen adulte du Field Museum. L’exhaustivité de ces fossiles a permis d’éviter de devoir reconstituer des parties manquantes dans les modèles 3D.
Pour simuler la morsure du tyrannosaure, les chercheurs ont appliqué des muscles virtuels aux mâchoires et ont utilisé des outils d’ingénierie pour évaluer les contraintes exercées sur les os. Ils ont employé une technique appelée « analyse par éléments finis », couramment utilisée pour évaluer la sécurité de structures solides telles que les ponts et les avions. Cette méthode, de plus en plus populaire en zoologie et en paléontologie, permet d’étudier les squelettes d’animaux de manière précise.
L’étude a révélé que les mâchoires des jeunes tyrannosaures subissaient moins de stress globalement, en raison de leur force musculaire moins développée. Cependant, lorsqu’elles étaient soumises à des forces équivalentes à celles d’une mâchoire adulte, les mâchoires fines des jeunes tyrannosaures étaient plus susceptibles de subir des contraintes importantes. Cela suggère que la mâchoire inférieure large et profonde des T. rex adultes est essentielle à leur puissante morsure et que les jeunes individus auraient pu endommager leur mâchoire s’ils avaient tenté de mordre avec la même force.
Ces découvertes offrent un aperçu fascinant de l’évolution de la stratégie alimentaire du T. rex et soulignent l’importance de l’adaptation anatomique pour la survie. Pour en savoir plus sur les capacités sensorielles du T. rex.
