Publié le 3 décembre 2023 16:30:00. L’insécurité grandit à la frontière entre le Tadjikistan et l’Afghanistan suite à une attaque meurtrière ciblant des employés chinois, poussant Douchanbé et Kaboul à renforcer leur coopération sécuritaire.
- Deux ressortissants chinois ont été tués et deux autres blessés dans une attaque transfrontalière près du village de Shodak, au Tadjikistan.
- Les autorités tadjikes accusent un groupe criminel et appellent à une action rapide des talibans.
- Le président tadjik a convoqué une réunion d’urgence pour renforcer la sécurité à la frontière.
La situation sécuritaire le long de la frontière entre le Tadjikistan et l’Afghanistan s’est considérablement détériorée ce dimanche, après une attaque transfrontalière qui a coûté la vie à deux employés de la China Road and Bridge Corporation, une entreprise chinoise de construction publique. L’incident, survenu vers 18h45 heure locale près du village de Shodak, dans le district de Darvaz, a été revendiqué par aucun groupe pour l’instant, mais les tirs proviendraient du village afghan de Ruzvayak, situé dans la province du Badakhshan.
Cette attaque n’est pas un fait isolé. Le 26 novembre dernier, une attaque similaire avait déjà visé des employés de la société Shokhin-SM dans le district de Shamshiddin Shohin, causant la mort de trois travailleurs chinois et blessant un autre. Ces deux incidents, tous deux originaires de la province afghane du Badakhshan, suscitent de vives inquiétudes à Douchanbé, qui dénonce une escalade de la violence transfrontalière.
Le Comité d’État pour la sécurité nationale (GKNB) du Tadjikistan a annoncé avoir renforcé les mesures de protection des frontières et la sécurité des citoyens tadjiks et des travailleurs étrangers. Le ministère des Affaires étrangères du Tadjikistan a qualifié l’attaque de « acte brutal commis par un groupe terroriste » et a exhorté les autorités afghanes à garantir la sécurité de la région frontalière.
« La partie tadjike, exprimant sa profonde préoccupation, condamne fermement les actions alarmantes de ce groupe criminel et appelle les autorités afghanes actuelles à prendre des mesures rapides et efficaces. »
Forces frontalières du Tadjikistan
En réponse, les représentants talibans ont exprimé leurs condoléances au Tadjikistan et à la Chine, affirmant que les attaques étaient l’œuvre de factions cherchant à semer la discorde entre les pays de la région. Ils ont également promis de coopérer à l’enquête et à l’échange d’informations.
Le président tadjik, Emomali Rahmon, a réuni en urgence les chefs des forces de l’ordre et des agences de sécurité du pays. Selon le service de presse présidentiel, il a « fermement condamné les actions illégales et provocatrices des Afghans » et a ordonné le renforcement de la surveillance et du contrôle le long de la zone frontalière.
La situation reste tendue, mais les autorités tadjikes affirment qu’elle est « stable et sous contrôle », tout en poursuivant leur enquête.
