Publié le 19 janvier 2024 à 00:45:00. L’ancien président américain Donald Trump a annoncé la mise en place de droits de douane sur huit pays européens, une décision motivée par son désir d’acquérir le Groenland, suscitant une vive réaction et des menaces de représailles commerciales.
- Donald Trump menace huit pays européens de droits de douane allant jusqu’à 25 %.
- La raison invoquée : entraver l’acquisition du Groenland par les États-Unis.
- Les pays européens concernés et l’Union européenne préparent des contre-mesures.
Donald Trump a créé la surprise en annonçant son intention d’imposer de nouveaux droits de douane sur plusieurs nations européennes. Cette décision, qualifiée d’inhabituelle, est directement liée à son intérêt pour l’acquisition du Groenland, un territoire dont le Danemark assure la souveraineté. Selon l’ancien président, ces pays européens entravent ses efforts pour racheter l’île.
Les droits de douane de 10 % entreront en vigueur le 1er février et s’appliqueront à « toutes les marchandises envoyées » aux États-Unis en provenance du Danemark, de la Norvège, de la Suède, de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de la Finlande. Si aucun accord n’est trouvé d’ici le 1er juin, ces taux douaniers pourraient être augmentés à 25 %. Ces pays sont déjà soumis à des droits de douane américains compris entre 10 et 15 %.
Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a justifié sa décision en affirmant que la Chine et la Russie convoitent également le Groenland, et que seul les États-Unis, sous sa direction, peuvent « jouer à ce jeu » avec succès. Il a même fait référence à l’équipement des Danois, évoquant la présence de seulement « deux traîneaux à chiens » pour se défendre.
La réaction européenne n’a pas tardé. Huit nations ont conjointement dénoncé ces menaces tarifaires, estimant qu’elles « minent les relations transatlantiques et risquent de sombrer dans une dangereuse spirale descendante ». Les membres de l’Union européenne se sont réunis pour discuter d’éventuelles contre-mesures.
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a fermement déclaré que « l’Europe ne sera pas soumise à un chantage », un sentiment partagé par le ministre des Finances allemand et le Premier ministre suédois.
Interrogé sur NBC Meet the Press, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a été questionné sur le caractère stratégique de la position de Trump envers l’Europe. Il a semblé indiquer que l’ancien président ne reviendrait pas sur sa décision, affirmant que « les Européens projettent une faiblesse, les États-Unis projettent une force » et que « le président estime qu’une sécurité renforcée n’est pas possible sans que le Groenland fasse partie des États-Unis ». Plus d’informations sur l’interview de Scott Bessent.
Des manifestations de soutien au Groenland ont eu lieu au Danemark et au Groenland, notamment à Nuuk, la capitale, où des milliers de personnes ont défilé en scandant « Kalaallit Nunaat » – le nom de l’île en groenlandais – en direction de l’ambassade américaine. Reportage sur les manifestations.
L’ancien chef de l’OTAN et ancien Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, a qualifié la démarche de Trump de « comportement de gangster », dénonçant l’utilisation du Groenland comme une « arme de diversion massive » dans le contexte de la guerre en Ukraine. Déclaration d’Anders Fogh Rasmussen.
Parallèlement, la Cour suprême des États-Unis a récemment examiné la légalité des obligations commerciales internationales de Trump, sans pour autant rendre de verdict. Les juges, de sensibilité politique variée, ont exprimé des réserves quant à la méthode employée par l’ancien président pour imposer ses tarifs douaniers, en invoquant une loi de 1977 initialement prévue pour les urgences nationales.
