Publié le 13 janvier 2026 22:05:00. Le Premier ministre canadien Mark Carney a entamé une visite en Chine dans le contexte d’une recherche d’autonomie stratégique d’Ottawa vis-à-vis des États-Unis, alors que Pékin observe avec attention les ambitions américaines dans la région arctique et au-delà.
- Le gouvernement chinois encourage le Canada à réduire sa dépendance stratégique envers les États-Unis.
- Des experts chinois soulignent un sentiment croissant de méfiance au Canada à l’égard des ambitions américaines, notamment après les déclarations de Donald Trump sur le Groenland.
- La visite de Mark Carney vise à revitaliser les relations sino-canadiennes.
Mark Carney est arrivé en Chine mercredi, dans un contexte de tensions commerciales persistantes entre le Canada et les États-Unis. Malgré un partenariat de longue date, les relations entre Ottawa et Washington se sont tendues ces dernières années, notamment sous la présidence de Donald Trump, qui avait même suggéré que le Canada pourrait devenir le 51e État américain.
Les médias d’État chinois appellent ouvertement le Canada à tracer une voie plus indépendante sur la scène internationale. Ils mettent en avant la nécessité pour Ottawa de développer une « autonomie stratégique » par rapport à son voisin américain. Cette incitation intervient alors que Pékin observe avec attention les actions de Washington, notamment sa volonté affichée d’acquérir le Groenland, un territoire danois stratégique dans l’Arctique.
Selon Cui Shoujun, expert en politique étrangère et en Amérique latine à l’Université Renmin de Chine, cette situation reflète un malaise croissant au Canada face aux ambitions américaines.
« Nous pouvons également constater l’état actuel de malaise considérable du Canada à l’égard des États-Unis. Si les États-Unis peuvent revendiquer le Groenland, pourraient-ils alors revendiquer le Canada ? »
Cui Shoujun, expert en politique étrangère et en Amérique latine à l’Université Renmin de Chine
Cette inquiétude canadienne est alimentée par des précédents récents, comme l’arrestation et l’extradition du président vénézuélien Nicolas Maduro vers les États-Unis. À cette occasion, Donald Trump avait affirmé que les États-Unis avaient des raisons légitimes de contrôler le Groenland pour des motifs de sécurité nationale dans la région arctique.
Lors d’un entretien accordé au New York Times, Donald Trump avait également été interrogé sur les implications de l’arrestation de Maduro pour la Chine et Taïwan. Il avait alors minimisé les préoccupations chinoises, affirmant que le Venezuela constituait une menace plus immédiate.
« Il n’y avait pas de drogue affluant en Chine. Les prisons de Taïwan n’étaient pas ouvertes et les gens affluaient en Chine »,
Donald Trump, ancien président des États-Unis
La visite de Mark Carney en Chine s’inscrit donc dans un contexte géopolitique complexe, marqué par la recherche d’un équilibre entre les alliances traditionnelles et les nouvelles réalités du pouvoir mondial.
Note de la rédaction : L’Associated Press a contribué à ce reportage.
