Le dictionnaire Cambridge a choisi le mot « parasocial » comme mot de l’année 2025, reflétant un phénomène de plus en plus répandu : le sentiment de connexion personnelle que les individus développent envers des célébrités, des personnages de fiction ou, plus récemment, des intelligences artificielles.
Ce terme, défini comme « impliquant ou se rapportant à une connexion qu’une personne ressent entre elle-même et une personne célèbre qu’elle ne connaît pas, un personnage dans un livre, un film, une série télévisée, etc., ou une intelligence artificielle », est utilisé depuis environ 70 ans dans le milieu universitaire, mais a désormais gagné en popularité auprès du grand public. Selon Colin McIntosh, responsable du programme lexical du dictionnaire Cambridge, « des millions de personnes entretiennent des relations parasociales ; beaucoup d’autres sont simplement intriguées par leur essor ». Les données du site web du dictionnaire Cambridge confirment cette tendance, avec une augmentation significative des recherches pour le terme « parasocial ».
L’annonce de la relation amoureuse entre la chanteuse Taylor Swift et le joueur de football américain Travis Kelce en est un exemple récent. De nombreux fans, captivés depuis des années par les paroles de Swift, ont célébré cette nouvelle, bien qu’ils ne connaissent ni l’une ni l’autre personnellement.
Cependant, ces relations parasociales peuvent devenir problématiques. Simone Schnall, professeure de psychologie sociale expérimentale à l’Université de Cambridge, explique : « Nous sommes entrés dans une époque où de nombreuses personnes développent des relations parasociales malsaines et intenses avec des influenceurs. Cela conduit à un sentiment de familiarité, de confiance et même à une loyauté extrême envers ces personnes, alors qu’il s’agit d’une relation totalement unilatérale. »
Cette tendance évolue également avec l’essor de l’intelligence artificielle. « Les relations parasociales prennent une nouvelle dimension, car de nombreuses personnes considèrent les outils d’IA comme ChatGPT comme des ‘amis’, leur offrant des encouragements ou les utilisant comme substitut à une thérapie. Il s’agit d’une illusion de relation et d’une forme de pensée de groupe, et nous savons que les jeunes peuvent y être particulièrement vulnérables », précise Simone Schnall.
L’annonce du dictionnaire Cambridge fait suite à la désignation du nombre « 67 » comme mot de l’année par Dictionary.com.
