Publié le 13 novembre 2025 à 19h33. La Banque d’Italie tire la sonnette d’alarme concernant la gouvernance et l’organisation d’Azimut Capital Management, fragilisant les perspectives de la nouvelle banque Azimut et provoquant une forte réaction du marché.
- La Banque d’Italie a identifié des lacunes significatives en matière de gouvernance et d’organisation au sein de la filiale Azimut Capital Management.
- Le titre Azimut a plongé de 16 % en Bourse avant de clôturer en baisse de 10 %, suite à ces révélations.
- Pietro Giuliani, président d’Azimut, a qualifié la réaction du marché d'”irrationnelle” et a défendu le projet de création de The Next Bank (TNB).
L’inspection de la Banque d’Italie, menée entre mars et juin, a mis en évidence un cadre organisationnel déficient chez Azimut Capital Management, jugé inadapté pour supporter des opérations complexes telles que des fusions, des scissions ou des cessions de filiales. Selon les conclusions de l’autorité de contrôle, le conseil d’administration de la filiale manquerait de discussions approfondies et d’échanges avec la direction, ce qui affecterait les mécanismes de contrôle interne.
Bankitalia a demandé à Azimut de mettre en œuvre rapidement un “plan de remédiation” visant à corriger ces lacunes et à établir une structure de gouvernance et de contrôle conforme à la complexité de ses activités. L’entreprise s’est engagée à présenter un plan d’action détaillé aux autorités d’ici le 30 novembre, avec une mise en œuvre prévue au plus tard le 30 avril 2026, en coordination avec son plan stratégique 2026-2028.
La réaction du président d’Azimut, Pietro Giuliani, n’a pas tardé.
« Je pense que ce qui se passe sur le titre Azimut est inattendu et irrationnel. »
Pietro Giuliani, président d’Azimut Holding
Il a également affirmé que le projet TNB n’était pas remis en question, tout comme les politiques de dividendes et de rachat d’actions. M. Giuliani a même annoncé son intention d’augmenter personnellement son investissement dans les actions Azimut de plusieurs millions d’euros, signalant sa confiance dans l’avenir du groupe.
L’enjeu principal de ces inspections réside dans l’obtention de l’agrément bancaire pour The Next Bank (TNB), une banque nouvelle génération axée sur le conseil en gestion de patrimoine, promue par Azimut Holding en partenariat avec le fonds FSI II. Le projet TNB se déroule en deux phases : l’acquisition de Discount Bank auprès d’IBL Bank, déjà achevée, et le transfert des activités italiennes de distribution, y compris une partie d’Azimut Capital Management, via une scission partielle. Cette opération pourrait être retardée jusqu’au printemps, en attendant l’approbation de Bankitalia des modifications apportées au projet.
À terme, FSI et ses co-investisseurs devraient détenir 80,01 % de The Next Bank, tandis qu’Azimut conserverait les 19,99 % restants.
Giuliani a également souligné que, contrairement à d’autres institutions financières, Azimut n’est pas soumise à une surveillance prudentielle stricte, laissant ainsi aux actionnaires le soin de décider des politiques de dividendes et de rachat d’actions. Il a également affirmé que, si l’obtention de la licence bancaire en Italie s’avérait impossible, d’autres pays, comme la Suisse, pourraient être envisagés.
