Publié le 7 janvier 2026 23:26:00. Les tensions montent autour du Groenland alors que l’administration américaine, sous Donald Trump, maintient l’option d’un éventuel rachat de l’île, suscitant l’inquiétude de ses alliés européens qui se disent prêts à réagir en cas d’intervention militaire.
- Les gouvernements groenlandais et danois ont été confrontés à des demandes répétées de la part du secrétaire d’État américain Marco Rubio concernant une réunion qui se tiendra la semaine prochaine.
- L’Europe, notamment la France, l’Allemagne et la Pologne, exprime sa prudence face aux ambitions américaines et se prépare à une possible escalade.
- La Maison Blanche insiste sur le fait que « toutes les options sont sur la table », tout en soulignant sa préférence pour une résolution diplomatique.
L’idée d’une acquisition du Groenland par les États-Unis, évoquée à plusieurs reprises par Donald Trump, refait surface et inquiète les chancelleries européennes. Malgré les efforts de la ministre des Affaires étrangères groenlandaise, Vivian Motzfeldt, pour obtenir des clarifications, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a confirmé que la réunion avec les autorités groenlandaises et danoises aura bien lieu la semaine prochaine, dans un contexte de tensions croissantes liées aux revendications américaines sur ce territoire autonome, qui fait partie du Royaume du Danemark.
La crainte grandissante en Europe est que les États-Unis, déterminés à contrôler le Groenland, puissent recourir à des moyens coercitifs. « Si les États-Unis recouraient à la force, ce serait la fin de tout, y compris de l’OTAN », a averti la Première ministre danoise Mette Frederiksen suite aux déclarations controversées de Donald Trump. Le Groenland, en raison de sa position stratégique, est considéré comme un élément clé de la sécurité en Europe, et une intervention américaine pourrait déstabiliser l’ensemble de l’alliance atlantique.
Marco Rubio a reconnu que le président américain conserve la possibilité d’utiliser des moyens militaires pour atteindre son objectif, tout en soulignant une préférence pour une approche diplomatique. « En tant que diplomate, ce sur quoi nous travaillons, nous préférons toujours résoudre les problèmes de différentes manières », a-t-il déclaré. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a confirmé que l’achat du Groenland est activement discuté au sein de l’équipe de sécurité nationale de Trump, et que différentes options sont à l’étude.
Face à cette situation, les pays européens se concertent. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé qu’il se réunirait avec ses homologues allemand, Johann Wadephul, et polonais, Radoslaw Sikorski, pour discuter d’une réponse coordonnée en cas d’invasion du Groenland par les États-Unis. « Nous voulons agir, mais nous voulons le faire ensemble avec nos partenaires européens », a-t-il déclaré à Radio France Internationale. L’Allemagne a également affirmé travailler en étroite collaboration avec ses partenaires européens et le Danemark pour définir les prochaines étapes. Les ministres ont réaffirmé leur soutien à la souveraineté territoriale du Groenland et du Danemark, tout en soulignant la nécessité de maintenir l’unité au sein de l’OTAN, que le ministre allemand Wadephul a qualifiée de « meilleure alliance de défense au monde ».
Le président du Conseil européen, António Costa, a également réitéré l’engagement de l’Union européenne à respecter le droit international, quel que soit le lieu concerné, qu’il s’agisse de Chypre, d’Amérique latine, du Groenland, de l’Ukraine ou de Gaza.
