Publié le 2 novembre 2025 à 00h20. Un accord conclu entre les présidents américain et chinois lors du sommet de l’APEC en Corée du Sud vise à apaiser les tensions commerciales, notamment en levant des restrictions sur les exportations de terres rares et en reportant l’instauration de nouveaux droits de douane.
- La Chine suspendra les contrôles à l’exportation sur des métaux stratégiques comme les terres rares, le gallium et le germanium.
- Les États-Unis prolongeront certaines exemptions tarifaires et reporteront l’imposition de droits de douane supplémentaires sur les produits chinois.
- Un accord commercial portant sur l’achat de soja américain et la coopération énergétique a également été conclu.
Un fragile cessez-le-feu commercial s’est dessiné entre les États-Unis et la Chine après une rencontre bilatérale au sommet de l’APEC à Gyeongju, en Corée du Sud. Cette première rencontre formelle entre le président Trump et son homologue chinois Xi Jinping depuis la réélection de ce dernier a abouti à un accord visant à calmer les tensions économiques qui empoisonnent les relations entre les deux premières économies mondiales.
Selon un communiqué de la Maison Blanche, Pékin s’engage à délivrer des licences d’exportation générales pour des matières premières essentielles, notamment les terres rares, le gallium, le germanium, l’antimoine et le graphite. Cette mesure vise à assurer un approvisionnement stable pour les entreprises américaines et les chaînes d’approvisionnement mondiales. En réalité, la Chine lèvera ainsi certaines restrictions mises en place à partir d’octobre 2022 et d’avril 2025, et s’engage à maintenir cette suspension pendant un an, conformément à un accord préalable.
En contrepartie, Washington a annoncé qu’elle prolongerait certaines exemptions tarifaires prévues par l’article 301, reportant leur expiration du 29 novembre 2025 au 10 novembre 2026. Les États-Unis renoncent également, pour l’instant, à l’instauration de droits de douane de 100 % sur les exportations chinoises, initialement prévue pour le mois de novembre.
L’accord comprend également des concessions sur le front du fentanyl. Les droits de douane sur les produits liés à ce puissant opiacide seront réduits de 20 % à 10 %, tandis que la Chine s’engage à reprendre ses achats de soja et d’autres produits agricoles américains. Les États-Unis s’attendent à ce que la Chine achète 12 millions de tonnes de soja cette saison et au moins 25 millions de tonnes par an au cours des trois prochaines années. Le président Trump a souligné que tant que Pékin continuera à lutter contre les exportations de fentanyl, Washington « supprimera les droits de douane restants de 10 % ».
La levée de certaines restrictions concerne également le secteur des semi-conducteurs. La Chine autorisera le fabricant néerlandais de puces Nexperia à reprendre ses expéditions depuis ses usines situées sur son territoire, ce qui devrait soulager les pressions sur la chaîne d’approvisionnement de l’industrie automobile et apaiser les tensions commerciales dans ce domaine stratégique.
Malgré cet accord, qui apporte un soulagement à court terme, la plupart des mesures ne sont valables que pour une durée limitée d’un an. Les observateurs le qualifient donc de « cessez-le-feu commercial » temporaire. Selon Bloomberg, si l’accord aborde les questions des terres rares et des droits de douane, il ne résout pas les conflits commerciaux fondamentaux ni les divergences géopolitiques entre les deux pays, notamment concernant Taïwan et la guerre en Ukraine.
Par ailleurs, l’accord ne prévoit pas encore l’approbation par la Chine du projet d’acquisition des activités américaines de TikTok par un consortium américain. Enfin, les deux parties se sont engagées à coopérer dans le domaine énergétique, la Chine acceptant d’acheter du pétrole et du gaz naturel à l’Alaska.
(Cet article n’est pas ouvert aux partenaires pour la réimpression)
