Publié le 15 janvier 2024 17h00. Malgré l’essor de l’électrification, le moteur thermique devrait rester dominant sur le marché automobile nord-américain pendant encore une décennie, selon les prévisions du géant allemand Bosch. Des facteurs culturels, politiques et infrastructurels freinent une transition rapide vers les véhicules électriques.
- Bosch prévoit que les véhicules électriques ne représenteront que 30 % des ventes de voitures neuves en Amérique du Nord d’ici 2034.
- Les 70 % restants des ventes seront composés de véhicules utilisant des carburants conventionnels, incluant les hybrides et hybrides rechargeables.
- Le manque d’infrastructures de recharge et les préférences des consommateurs pour les gros véhicules sont des obstacles majeurs à l’adoption massive de l’électrique.
Selon Bosch, la part des véhicules électriques sur le marché américain ne devrait atteindre que 30 % d’ici 2034, laissant les 70 % restants aux véhicules fonctionnant avec des carburants traditionnels. Cette estimation, qui prend en compte les véhicules hybrides et hybrides rechargeables, souligne un rythme de transition plus lent que prévu vers une mobilité entièrement électrique.
Peter Thomas, un représentant de Bosch, a souligné que cette proportion de 70 % inclut non seulement les voitures et camionnettes à essence ou diesel classiques, mais également les véhicules hybrides, y compris les modèles rechargeables. Il faut également considérer les voitures électriques équipées d’un générateur supplémentaire, où le moteur à combustion interne sert uniquement à recharger la batterie.
Plusieurs facteurs expliquent cette résistance à l’électrification sur le continent nord-américain. Les préférences des consommateurs jouent un rôle crucial : les Américains et les Canadiens ont une forte propension à acheter des véhicules utilitaires sport (VUS) et des camionnettes, des segments où l’électrification s’avère plus complexe en raison de leur poids et des besoins en autonomie.
L’infrastructure de recharge représente également un frein important. Le déploiement des bornes de recharge aux États-Unis est plus lent que prévu, et les options de recharge rapide restent limitées, en particulier dans les zones rurales. Pour les automobilistes ne disposant pas de la possibilité de recharger leur véhicule à domicile, ce manque d’infrastructures constitue un argument dissuasif majeur.
Contrairement à l’Union européenne, où une loi interdit la vente de voitures neuves à moteur thermique à partir de 2035, les États-Unis ne disposent pas de législation fédérale similaire. Bien que certains États, comme la Californie, aient adopté des réglementations strictes, la politique nationale en matière d’automobile reste fragmentée et sujette à des changements fréquents.
Les investissements massifs dans les usines de batteries et les logiciels se planifient sur le long terme, mais l’incertitude réglementaire oblige les constructeurs automobiles à adapter constamment leurs stratégies. Bosch confirme cette approche pragmatique : l’entreprise poursuit ses investissements dans l’électrification, mais doit également continuer à produire des composants pour les véhicules à moteur thermique, tant que la demande reste forte.
« Si les clients continuent d’acheter des voitures équipées d’un moteur à combustion interne, Bosch doit produire et développer des composants spécialement pour eux. Ce n’est pas seulement une question de technologie, mais une question de survie pour l’entreprise : produire ce que les clients achètent réellement, et non ce que dictent les prévisions les plus optimistes. »
Représentants de Bosch
Source : tv3.lt
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