L’astrophysicien Avi Loeb s’interroge sur la composition potentiellement toxique de la comète interstellaire 3I/ATLAS, qui a frôlé la Terre en décembre dernier. Des observations récentes suggèrent la présence de cyanure d’hydrogène et de méthanol dans son panache gazeux, soulevant des questions sur un éventuel risque pour notre planète.
Loeb, chercheur à l’université Harvard, a exprimé ses préoccupations dans un message publié en ligne, se demandant si les matériaux éjectés par 3I/ATLAS pourraient atteindre la Terre. Il a rappelé que le cyanure d’hydrogène, détecté par le radiotélescope chilien ALMA, est un poison puissant, utilisé autrefois comme arme chimique pendant la Première Guerre mondiale. « Le cyanure d’hydrogène à forte concentration est un poison », a-t-il déclaré.
L’astrophysicien a même évoqué la possibilité que cette comète agisse comme un « tueur en série répandant du poison », comparant son action à celle d’un comprimé de cyanure intergalactique. Les observations d’ALMA ont révélé la présence de méthanol et de cyanure d’hydrogène dans le corps céleste au cours de l’automne.
Cependant, Loeb tempère ces inquiétudes en soulignant que le vent solaire devrait empêcher toute substance toxique potentielle d’atteindre notre planète. Selon ses calculs, basés sur les données du télescope spatial Webb, le gaz entourant 3I/ATLAS serait dispersé à une distance d’environ 16 millions de kilomètres de la comète.
De plus, les petites particules de poussière, inférieures à un micromètre, seraient repoussées par la pression du rayonnement solaire. Quant aux objets plus gros, ils brûleraient probablement dans l’atmosphère terrestre s’ils mesuraient moins de 90 centimètres. Les débris plus importants, selon Loeb, auraient une probabilité d’impact négligeable, compte tenu de la vitesse d’éjection des gaz de la comète et de sa distance par rapport à la Terre. Il estime qu’il y a moins d’un million de ces objets de grande taille qui ont été libérés au cours des derniers mois, et que les plus proches ne s’approcheront jamais à moins de dix fois le rayon de la Terre.
Loeb n’exclut toutefois pas une possibilité plus spéculative : si ces projectiles étaient capables de se propulser technologiquement, ils pourraient modifier leur trajectoire. Cette hypothèse s’inscrit dans le cadre de ses recherches sur l’origine potentiellement artificielle de 3I/ATLAS. Il a précédemment suggéré que la trajectoire inhabituelle de cette comète pourrait indiquer l’envoi de « satellites » vers Jupiter, dans le but de collecter des informations sur une éventuelle civilisation extraterrestre. La comète devrait atteindre Jupiter en mars 2026, et Loeb pense qu’elle pourrait alors « l’ensemencer » avec des sondes supplémentaires.
