Publié le 30 septembre 2025 à 02h03. Un plan de paix en 21 points pour Gaza, élaboré avec l’aide de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, a été présenté à Israël et aux pays arabes, prévoyant la fin du conflit actuel et une transition politique complexe.
- L’accord propose un cessez-le-feu immédiat en échange de la libération de tous les otages détenus par le Hamas.
- Il envisage un rôle de leadership de Donald Trump dans la transition de Gaza, après le départ du Hamas.
- Le plan prévoit également la possibilité de créer un État palestinien après la reconstruction de Gaza et la réforme de l’Autorité palestinienne.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rencontré lundi à la Maison Blanche le président américain Donald Trump pour discuter de cette proposition diplomatique cruciale, alors que la guerre à Gaza, lancée en octobre 2023, entre dans une phase délicate. L’accord de 21 points vise à mettre fin aux combats et à ouvrir la voie à une solution politique durable, mais sa mise en œuvre s’annonce complexe.
Selon des médias tels que le Washington Post et The Guardian, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair a joué un rôle central dans l’élaboration de ce projet, en étroite collaboration avec l’administration Trump et avec des contacts régionaux au Moyen-Orient. L’objectif est de trouver une issue à la crise humanitaire et sécuritaire qui frappe la bande de Gaza.
Le Times of Israel a révélé que le document de 21 points a été partagé la semaine dernière avec un groupe de pays arabes et musulmans à l’Assemblée générale des Nations Unies. Il s’agit d’une tentative de susciter un large soutien international à cette initiative.

Des personnes marchent avec des sacs d’aide humanitaire reçus dans un centre de distribution géré par la Gaza Humanitarian Foundation (FGH), avec le soutien des États-Unis et d’Israël, le 26 septembre 2025. (Photo d’Eyad Baba / AFP).
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Le plan repose sur deux piliers fondamentaux : le départ du Hamas du pouvoir et la possibilité pour les Palestiniens de rester à Gaza. Cette approche marque une rupture avec les précédentes réflexions de l’administration Trump, qui envisageait de déplacer plus de deux millions de Gazaouis vers d’autres pays de la région afin de permettre aux États-Unis de prendre le contrôle de l’enclave, qui aurait été transformée en un complexe de luxe.
Il est à noter que la coalition de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu a activement encouragé l’émigration volontaire des habitants de Gaza. Pour les éléments les plus radicaux, ce territoire palestinien devrait être annexé par Israël.
Cependant, le plan prévoit également une éventuelle voie vers la création d’un État palestinien, une fois la reconstruction de Gaza achevée et l’Autorité palestinienne réformée. Cette perspective pourrait apaiser les tensions et ouvrir la voie à une solution à long terme.
Selon le plan, après le départ du Hamas, un comité de transition dirigé par Donald Trump supervisera la période de transition. Auparavant, on avait envisagé que cette autorité provisoire soit dirigée par des personnalités internationales, dont Tony Blair.

L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair s’exprime lors du Forum économique mondial annuel de Davos le 22 janvier 2025. (Photo de Fabrice Coffrini / AFP).
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Selon le portail Infobae, Steve Witkoff, envoyé spécial des États-Unis pour le Moyen-Orient, et Jared Kushner, le gendre de Trump, ont rencontré dimanche Benjamin Netanyahu à New York pour discuter de cette proposition de 21 points. Le Premier ministre israélien a exprimé deux objections principales : il a demandé une formulation plus contraignante concernant le désarmement du Hamas et a insisté sur l’exclusion de l’Autorité palestinienne du gouvernement de transition à Gaza.
Le Hamas a déclaré n’avoir reçu aucune nouvelle proposition.

Un Palestinien se réfugie après une attaque aérienne israélienne lors d’une opération militaire dans la ville de Gaza, le 27 septembre 2025. (EFE / EPA / Mohammed Know).
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Les 21 points de la proposition :
1. La bande de Gaza sera une zone libérée du terrorisme et ne représentera plus une menace pour ses voisins.
2. Gaza sera reconstruite au profit de sa population.
3. Si Israël et le Hamas acceptent la proposition, la guerre prendra fin immédiatement. L’armée israélienne arrêtera toutes ses opérations et se retirera progressivement de la bande.
4. Dans les 48 heures suivant l’acceptation publique de l’accord par Israël, tous les otages, vivants ou décédés, seront restitués.
5. Israël libérera plusieurs centaines de prisonniers palestiniens purgeant des peines à perpétuité, ainsi que les corps de plusieurs centaines d’autres Palestiniens arrêtés depuis le début de la guerre.
6. Une fois les otages restitués, les membres du Hamas qui s’engagent à vivre en paix seront amnistiés. Ceux qui souhaitent quitter la bande se verront assurer un passage sûr vers des pays d’accueil.
7. Une fois l’accord conclu, l’aide humanitaire affluera à Gaza à un rythme au moins équivalent aux limites fixées dans l’accord d’otage de janvier 2025 (600 camions d’aide par jour), ainsi que la réhabilitation des infrastructures critiques et l’entrée d’équipements pour le déblaiement des décombres.

Un combattant des brigades Ezzed Al-Qassam, bras armé du Hamas, assiste aux funérailles de deux combattants dans la ville de Gaza le 24 janvier 2025. (Photo d’Omar al-Qattaa / AFP).
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8. L’aide sera distribuée, sans interférence d’aucune des parties, par l’ONU et le Croissant-Rouge, avec d’autres organisations internationales non associées à Israël ou au Hamas.
9. Gaza sera administrée par un gouvernement de transition temporaire composé de technocrates palestiniens, qui sera responsable de la fourniture des services quotidiens à la population. Ce comité sera supervisé par une nouvelle agence internationale créée par les États-Unis en consultation avec des partenaires arabes et européens, afin d’établir un cadre pour financer la reconstruction de Gaza jusqu’à ce que l’Autorité palestinienne ait achevé son programme de réforme.
10. Un plan économique pour la reconstruction de la bande de Gaza sera élaboré, en s’appuyant sur l’expertise de spécialistes de la construction de villes modernes au Moyen-Orient et en tenant compte des plans existants pour attirer les investissements et créer des emplois.
11. Une zone économique avec des taux et des droits d’accès réduits sera négociée avec les pays participants.
12. Personne ne sera contraint de quitter Gaza, mais ceux qui le souhaitent pourront y revenir. De plus, les Gazaouis qui souhaitent rester dans la bande se verront offrir la possibilité d’y construire un avenir meilleur.
13. Le Hamas n’aura aucun rôle dans le gouvernement. Il s’engagera à détruire et à cesser de construire toute infrastructure militaire offensive, y compris les tunnels. Les nouveaux dirigeants de la bande s’engageront à vivre en paix avec leurs voisins.
14. Les partenaires régionaux fourniront des garanties de sécurité pour s’assurer que le Hamas et d’autres factions gazouies respectent leurs engagements et que Gaza cesse de représenter une menace pour Israël ou leurs propres populations.
15. Les États-Unis collaboreront avec des partenaires arabes et d’autres pour déployer immédiatement une force de stabilisation internationale afin de superviser la sécurité dans la bande. Cette force développera et formera une police palestinienne, qui servira d’organisme de sécurité intérieure à long terme.
16. Israël n’occupera ni n’annexera Gaza. Son armée livrera progressivement le territoire qu’elle occupe actuellement, à mesure que les forces de sécurité de remplacement établiront le contrôle et la stabilité dans la bande.
17. Si le Hamas retarde ou rejette cette proposition, les points précédents seront appliqués dans les zones libérées du terrorisme, que les forces de défense israéliennes céderont progressivement à la force de stabilisation internationale.
18. Israël s’engage à ne pas attaquer à nouveau le Qatar. Les États-Unis et la communauté internationale reconnaissent le rôle de médiateur important de Doha dans le conflit de Gaza.
19. Un processus sera mis en place pour la réconciliation de la population, notamment par un dialogue interreligieux visant à changer les mentalités et les récits en Israël et à Gaza.
20. Une fois la reconstruction de Gaza bien avancée et le programme de réforme de l’Autorité palestinienne mis en œuvre, les conditions d’un État palestinien crédible, qui répond aux aspirations du peuple palestinien, seront examinées.
21. Les États-Unis engageront un dialogue entre Israël et les Palestiniens afin de parvenir à un accord sur une perspective politique de coexistence pacifique.
Israël et les États-Unis sous pression

Ronen Ohel, frère des otages israéliens Alon Ohel, parle sur le podium lors d’une manifestation anti-gouvernementale organisée par les familles des otages israéliens capturés par le Hamas depuis octobre 2023. (Jack Guez / AFP Photo).
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L’analyste international Juan Velit Granda, ancien ambassadeur du Pérou en Israël, a déclaré à El Comercio que ce plan de 21 points pourrait servir d’instrument pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat, en raison des pressions, notamment internationales, qui s’exercent sur Israël et les États-Unis. Il a toutefois exprimé des doutes quant à sa mise en œuvre complète.
« L’épuisement politique concernant Gaza a conduit à l’isolement international d’Israël et des États-Unis, ce qui est devenu évident lors de la dernière assemblée générale des Nations Unies. »
Juan Velit Granda, analyste international
Selon le spécialiste, Israël est confronté à une opposition croissante à la direction de Netanyahu, même au sein de ses forces de défense. Parallèlement, il a souligné que Trump est confronté à une distanciation de la part de ses alliés arabes stratégiques, ce qui fait de la fin de la guerre une nécessité également pour son administration.
Mais Trump peut-il convaincre Netanyahu ? Velit a reconnu que le président américain est l’une des rares figures mondiales capable d’influencer Netanyahu. Il a toutefois suggéré que Netanyahu pourrait manipuler Trump.
Pour convaincre Netanyahu, il faudra également soumettre les éléments les plus radicaux de son gouvernement de coalition.
Quant au Hamas, Velit estime qu’il est possible qu’il négocie et accepte de se désarmer et de quitter le pouvoir à Gaza, mais avec la médiation des pays arabes et même de l’Iran. « Ils ont été durement frappés », a-t-il souligné.
Velit a souligné que le plan a abandonné l’idée de Trump de transformer Gaza en une station de luxe. « Je n’ai jamais pensé que c’était une proposition sérieuse. C’était une folie. C’était inhumain, absurde et irréalisable. »
Il a également apprécié le rôle de Tony Blair en tant que possible superviseur de la mise en œuvre du plan, car il jouit d’une « crédibilité ».
« J’espère que ce plan aboutira, pour des raisons d’humanité, car la tragédie à Gaza atteint déjà des proportions bien plus importantes que ce que les chiffres officiels ne l’admettent. »
Juan Velit Granda, analyste international
