Publié le 12 novembre 2025. Face à un tourisme de masse croissant, plusieurs destinations de renommée mondiale, dont l’Islande, mettent en place des mesures restrictives pour préserver leur environnement et leur patrimoine culturel.
- L’Islande rejoint l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, l’Espagne et l’Indonésie dans la mise en œuvre de limites plus strictes au tourisme.
- Ces mesures incluent des frais d’entrée, des plafonds de visiteurs et des taxes environnementales.
- L’Islande prévoit une réduction d’au moins 80 escales de navires de croisière en 2026 et introduit une redevance journalière par passager.
L’Islande s’inscrit dans un mouvement mondial visant à freiner le surtourisme et à protéger les sites naturels et culturels les plus vulnérables. Alors que le nombre de voyageurs internationaux continue d’augmenter, les autorités de plusieurs pays réalisent que la croissance incontrôlée du tourisme peut avoir des conséquences néfastes sur les écosystèmes fragiles et les communautés locales.
L’Italie a été l’une des premières nations à prendre des mesures concrètes, avec l’introduction d’un droit d’entrée pour les visiteurs de Venise en 2024. Initialement fixé à 5 € (environ 5,30 $), ce tarif devrait doubler pour atteindre 10 € (environ 10,60 $) en 2025 pour les réservations effectuées moins de quatre jours à l’avance. Cette initiative vise à réduire l’affluence touristique dans la ville, qui compte plus de 20 millions de visiteurs par an pour une population de seulement 50 000 habitants.
Le Japon a également pris des mesures pour gérer l’afflux de touristes, notamment sur le mont Fuji. À partir de 2024, les randonneurs doivent s’acquitter de frais d’ascension obligatoires de 2 000 ¥ (environ 12 $) et le nombre de visiteurs quotidiens a été limité à 4 000. Ces restrictions visent à réduire la surpopulation, à prévenir les comportements dangereux et à protéger la végétation alpine fragile de la montagne.
L’Espagne, confrontée à des problèmes similaires dans des villes comme Barcelone, Palma et Ibiza, a également renforcé ses réglementations. Barcelone a annoncé son intention de supprimer toutes les locations touristiques d’ici 2028, tandis que les îles Baléares ont lancé des campagnes pour encourager le tourisme hors saison et ont augmenté les taxes touristiques régionales.
Aux Pays-Bas, Amsterdam a décidé de réduire le nombre d’escales de navires de croisière de 190 par an à seulement 100 à partir de 2026, avec l’objectif d’interdire complètement l’accès au centre-ville aux navires de croisière d’ici 2035. La ville a également imposé un plafond sur le nombre total de visiteurs, limité à 20 millions par an, et a interdit la construction de nouveaux hôtels.
En Indonésie, Bali a introduit une taxe de séjour de 150 000 IDR (environ 10 $) par visiteur et a interdit aux touristes étrangers de louer des motos, les encourageant à utiliser des chauffeurs locaux ou des taxis agréés. Les autorités ont également interdit les activités touristiques sur les 22 montagnes sacrées de l’île, afin de protéger l’environnement et le patrimoine culturel.
Ces mesures témoignent d’une prise de conscience croissante de la nécessité de concilier développement économique et préservation de l’environnement. La prochaine stratégie de la Commission européenne pour le tourisme durable, prévue pour début 2026, devrait soutenir ces efforts en promouvant un tourisme plus équilibré et en intégrant la gestion du tourisme dans les politiques d’aménagement du territoire.
L’Islande, en rejoignant cette initiative mondiale, confirme son engagement en faveur d’un tourisme durable qui préserve ses paysages naturels exceptionnels et son patrimoine culturel unique pour les générations futures.
