Publié le 9 novembre 2025. Face à une affluence touristique sans précédent, plusieurs destinations de renommée mondiale, dont la Corée du Sud, l’Italie et la Grèce, mettent en place des mesures pour lutter contre le surtourisme et préserver leurs ressources et leur qualité de vie.
- La Corée du Sud a enregistré une augmentation de 20 % du nombre de visiteurs en 2025, entraînant une pression accrue sur les infrastructures et les sites touristiques populaires.
- Des destinations comme Kyoto au Japon, Venise en Italie et Santorin en Grèce sont confrontées à des problèmes de surpopulation, de dégradation de l’environnement et de tensions avec les populations locales.
- Les pays concernés mettent en œuvre diverses stratégies, allant de la limitation du nombre de visiteurs à la promotion de destinations alternatives, pour gérer les flux touristiques de manière plus durable.
Le surtourisme, autrefois considéré comme un problème lointain, est devenu une réalité préoccupante pour de nombreuses destinations prisées à travers le monde. La reprise du tourisme international après la pandémie a exacerbé les défis liés à la gestion des flux de visiteurs, mettant à rude épreuve les infrastructures locales, l’environnement et la vie des communautés résidentielles.
La Corée du Sud, réputée pour son histoire riche, sa culture dynamique et ses villes modernes, a vu le nombre de touristes augmenter de 20 % en 2025. Cette hausse, consécutive à l’assouplissement des restrictions de voyage, a engendré une forte affluence dans les lieux emblématiques tels que le palais Gyeongbokgung de Séoul, le village Hanok de Bukchon et le quartier commerçant animé de Myeongdong. Les longues files d’attente et les espaces publics surpeuplés sont devenus monnaie courante, affectant l’expérience des visiteurs. L’île de Jeju, destination prisée des touristes nationaux et internationaux, subit également une pression sur ses ressources naturelles et ses infrastructures.
Pour faire face à cette situation, les autorités sud-coréennes ont mis en place plusieurs mesures, notamment la réglementation des activités touristiques, l’instauration de quotas de visiteurs sur certains sites patrimoniaux et la promotion du tourisme hors saison. Le gouvernement encourage également les visiteurs à explorer des régions moins fréquentées, telles que les provinces rurales de Gangwon-do et de Gyeongsang-do, qui offrent des expériences culturelles authentiques sans la foule des grandes villes.
Le Japon, confronté à une affluence touristique croissante, est également aux prises avec les conséquences du surtourisme. Des villes comme Kyoto, Tokyo et Osaka connaissent un trafic piétonnier intense, en particulier pendant les périodes de pointe. Les défis sont multiples, allant de la dégradation de l’environnement à l’impact sur les communautés locales. À Kyoto, l’ancienne capitale du Japon, des sites emblématiques tels que le Kinkaku-ji (Pavillon d’or), Fushimi Inari-taisha et la forêt de bambous d’Arashiyama sont particulièrement touchés par la surpopulation. Les autorités locales ont mis en œuvre des mesures telles que la limitation de l’accès à certaines zones et l’augmentation des tarifs d’entrée.
À Tokyo et Osaka, le surtourisme se manifeste par des systèmes de transport public surchargés, de longues files d’attente devant les principales attractions et des niveaux élevés de pollution. Le Japon étudie la mise en place d’une « taxe touristique » et l’expansion de campagnes de tourisme durable pour mieux gérer le nombre croissant de visiteurs.
En Italie, des villes emblématiques comme Venise, Florence et Rome sont également confrontées à des problèmes de surtourisme. Venise, en particulier, est devenue un symbole de cette crise, avec ses canaux étroits et ses ruelles bondées de touristes. La ville a introduit une taxe de séjour pour les visiteurs de passage et limite l’accès à des sites populaires comme la place Saint-Marc et le pont du Rialto pendant les heures de pointe. Florence et Rome, quant à elles, sont confrontées à des défis similaires, avec des musées et des monuments historiques submergés de visiteurs.
La Grèce, réputée pour ses îles magnifiques et ses sites historiques, est également touchée par le surtourisme. Des destinations populaires comme Santorin, Mykonos et la Crète ont du mal à faire face à l’afflux massif de visiteurs. Bien que le tourisme soit un moteur essentiel de l’économie grecque, sa croissance rapide a des conséquences néfastes sur l’environnement et les communautés locales. Les autorités grecques s’efforcent de répartir le tourisme plus équitablement dans tout le pays, en promouvant des destinations moins connues afin de réduire la pression sur les sites les plus populaires.
Le Mexique, avec des destinations comme Cancún et Mexico, connaît également une augmentation significative du nombre de touristes. Cancún, une destination balnéaire prisée, est confrontée à des problèmes de surpopulation de ses plages et de ses complexes hôteliers. Mexico, quant à elle, est confrontée à des défis liés à la gentrification et à l’augmentation du coût de la vie dans les quartiers touristiques.
Enfin, la Croatie, avec son littoral pittoresque et ses sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, est devenue l’une des destinations touristiques à la croissance la plus rapide d’Europe. Dubrovnik, célèbre pour avoir servi de décor à la série Game of Thrones, est particulièrement touchée par le surtourisme. Les autorités croates ont introduit une taxe de séjour et envisagent de nouvelles mesures pour limiter le nombre de visiteurs pendant la haute saison.
Le surtourisme représente un défi majeur pour de nombreuses destinations touristiques à travers le monde. Il est essentiel de trouver un équilibre entre les avantages économiques du tourisme et la nécessité de préserver les communautés locales, les sites patrimoniaux et les ressources naturelles. Des solutions innovantes et une coopération internationale sont nécessaires pour assurer un avenir durable pour l’industrie du tourisme.
