Publié le 25 novembre 2025 16:55:00. Une nouvelle étude révèle que la chirurgie laparoscopique mini-invasive améliore significativement les chances de guérison et réduit les complications chez les nouveau-nés atteints d’atrésie biliaire, une maladie hépatique grave, tout en remettant en question l’efficacité des fortes doses de corticostéroïdes après l’opération.
- La chirurgie laparoscopique diminue la perte sanguine de 68 % et augmente le taux de disparition de la jaunisse à 81 % par rapport à la chirurgie ouverte traditionnelle.
- Une corticothérapie postopératoire excessive (supérieure à 90 mg/kg) est associée à un risque accru de transplantation hépatique.
- L’atrésie biliaire touche un nouveau-né sur 15 000 et reste la principale cause de transplantation hépatique chez l’enfant.
Des chercheurs de l’Université de Nagoya, au Japon, et leurs collaborateurs ont mené une étude approfondie sur les traitements de l’atrésie biliaire, une affection rare et grave qui affecte les voies biliaires des nourrissons. Cette maladie, qui se manifeste par un blocage ou un développement anormal des canaux biliaires, empêche le foie de fonctionner correctement et peut entraîner des lésions hépatiques progressives. Le diagnostic est généralement posé dans les premiers mois de vie, et une intervention chirurgicale est souvent nécessaire.
Jusqu’à récemment, la chirurgie ouverte, impliquant une incision abdominale importante, était la méthode standard pour traiter l’atrésie biliaire. Cependant, la chirurgie laparoscopique, une technique mini-invasive utilisant de petites incisions et une caméra, gagne en popularité. Cette nouvelle approche permet de réduire les dommages aux tissus et de diminuer la taille des cicatrices.
L’étude, publiée dans la revue Hepatobiliary Surgery and Nutrition, a analysé les données de 356 enfants opérés pour atrésie biliaire, suivis en moyenne pendant 13 ans. Les résultats démontrent clairement les avantages de la chirurgie laparoscopique. La perte de sang a été réduite de 68 % chez les patients ayant subi cette intervention, et 81 % d’entre eux ont vu leurs symptômes de jaunisse disparaître, contre 64 % pour ceux opérés par voie ouverte. La jaunisse, caractérisée par une coloration jaunâtre de la peau et des yeux, est due à l’accumulation de bilirubine, un déchet normalement éliminé par le foie.
L’équipe de recherche a également examiné l’utilisation de corticostéroïdes après la chirurgie. Bien que ces médicaments soient souvent prescrits pour réduire l’inflammation et favoriser la production de bile, l’étude révèle qu’une dose excessive peut être contre-productive. Les enfants ayant reçu plus de 90 mg/kg de corticostéroïdes postopératoires avaient un risque 70 % plus élevé de nécessiter une greffe du foie.
« La corticothérapie est couramment utilisée comme traitement postopératoire dans de nombreux centres pédiatriques à travers le monde pour réduire l’inflammation et aider le foie à produire de la bile, bien que les protocoles varient considérablement d’un établissement à l’autre. Nos résultats suggèrent que même si la thérapie aux stéroïdes elle-même peut apporter certains avantages, l’augmentation de la dose au-delà d’un certain point n’améliore pas nécessairement les résultats. »
Dr. Yoichi Nakagawa, auteur principal, École supérieure de médecine, Université de Nagoya
Malgré les progrès chirurgicaux, environ 50 % des enfants opérés pour atrésie biliaire finissent par avoir besoin d’une greffe du foie. L’intervention chirurgicale, qu’elle soit laparoscopique ou ouverte, ne constitue donc pas une guérison définitive, mais permet de retarder le besoin de transplantation et de préserver la fonction hépatique native le plus longtemps possible. Il est à noter que la durée de l’intervention laparoscopique est d’environ une heure plus longue, mais que les durées de séjour à l’hôpital et les taux de survie hépatique à long terme sont similaires pour les deux techniques.
Cette étude, la plus vaste et la plus détaillée à ce jour sur les méthodes chirurgicales pour l’atrésie biliaire, apporte des éclaircissements importants sur l’efficacité à long terme de la chirurgie laparoscopique. Elle confirme que cette approche mini-invasive offre des avantages significatifs en termes de réduction de la perte sanguine, d’amélioration de la résolution de la jaunisse et de diminution de la taille des incisions, sans compromettre les taux de réussite.
Source:
Référence du journal :
Nakagawa, Y., et al. (2025). Impact de la portoentérostomie laparoscopique du Kasaï sur la survie à long terme du foie natif chez les patients atteints d’atrésie des voies biliaires : une étude multicentrique appariée avec le score de propension. Hepatobiliary Surgery and Nutrition. 2: 10.21037/hbsn-2025-143. https://hbsn.amegroups.org/article/view/145969
