Home SantéLes politiques de non-participation au don d’organes pourraient réduire les dons d’organes vivants

Les politiques de non-participation au don d’organes pourraient réduire les dons d’organes vivants

by Sophie Martin

Publié le 28 octobre 2025 13:20:00. Une politique de consentement présumé pour le don d’organes, où chacun est considéré comme donneur sauf s’il s’y oppose, pourrait paradoxalement réduire le nombre de dons d’organes provenant de personnes vivantes, selon une nouvelle étude internationale.

  • Chaque jour, 17 Américains décèdent en attendant une greffe d’organe.
  • Les politiques de refus de don d’organes diminuent significativement le nombre de donneurs vivants, de l’ordre de 29 %.
  • Cet effet négatif sur les dons vivants est particulièrement marqué pour les dons altruistes à des personnes que le donneur ne connaît pas.

Une étude menée par Pascal Güntürkün et ses collaborateurs, analysant des données de 24 pays entre 2000 et 2023, révèle un effet inattendu lié aux politiques de don d’organes. Alors que l’objectif de ces politiques, dites de « consentement présumé » ou de « non-participation », est d’augmenter le nombre d’organes disponibles, elles pourraient en réalité décourager les dons d’organes provenant de personnes vivantes.

L’analyse, basée sur plus de 5 000 participants à quatre études expérimentales, montre qu’une politique de non-participation entraîne une augmentation non significative du nombre de donneurs décédés (1,21 personne par million d’habitants). En revanche, elle provoque une diminution notable du nombre de donneurs vivants, estimée à 4,59 personnes par million d’habitants, soit une baisse de 29 %.

Les chercheurs ont notamment comparé l’Allemagne, où le don d’organes repose sur un consentement explicite (« opt-in »), à l’Autriche, où il est présumé sauf opposition (« opt-out »). Ils ont constaté que la diminution des dons vivants concerne principalement les dons altruistes, c’est-à-dire ceux effectués au profit de personnes que le donneur ne connaît pas, contrairement aux dons au sein de la famille.

Selon l’étude, les personnes vivant dans des pays où le don d’organes est présumé ont tendance à considérer l’offre d’organes comme suffisante, ce qui les rend moins enclines à envisager de devenir elles-mêmes des donneurs vivants. Les auteurs soulignent qu’il s’agit d’une conséquence imprévue d’une politique publique et appellent les décideurs à prendre en compte ces effets d’éviction potentiels lors de la mise en œuvre de systèmes de don d’organes basés sur le consentement présumé.

Source:

Référence du journal :

Güntürkün, P., et al. (2025). Effets d’éviction des défauts de non-participation : données probantes tirées des politiques de don d’organes. Nexus PNAS. doi.org/10.1093/pnasnexus/pgaf311

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.