Publié le 29 décembre 2023 05:25:00. Selon un expert de Google DeepMind, les avancées fulgurantes de l’intelligence artificielle pourraient bien sonner le glas du travail à distance tel que nous le connaissons, en particulier pour les professions intellectuelles.
- L’intelligence artificielle (IA) menace de bouleverser le marché du travail, en particulier les emplois réalisables entièrement en ligne.
- Les entreprises pourraient réduire la taille de leurs équipes distribuées grâce à l’automatisation permise par l’IA.
- Malgré ces perturbations, l’IA est perçue comme un moteur potentiel de productivité et de croissance économique.
Shane Legg, cofondateur et scientifique en chef de l’AGI chez Google DeepMind, tire la sonnette d’alarme sur l’avenir du travail. Lors d’un entretien récent avec la professeure Hannah Fry, il a mis en évidence la vulnérabilité croissante des emplois à distance face aux progrès rapides de l’IA.
Selon Legg, les professions reposant principalement sur des compétences cognitives – langage, connaissances, codage, mathématiques, résolution de problèmes complexes – sont particulièrement exposées. L’IA excelle déjà dans des domaines tels que le traitement du langage naturel et l’acquisition de connaissances générales, et des améliorations significatives sont attendues dans des domaines comme le raisonnement, la compréhension visuelle et l’apprentissage continu.
« Les emplois purement cognitifs et effectués à distance via un ordinateur sont particulièrement vulnérables. »
Shane Legg, cofondateur et scientifique en chef de l’AGI chez Google DeepMind
L’expert anticipe que les entreprises pourraient rationaliser leurs équipes distribuées, en s’appuyant sur l’IA pour obtenir des résultats similaires, voire supérieurs, avec un effectif réduit. Dans le secteur du génie logiciel, par exemple, il suggère que des équipes de 100 ingénieurs pourraient être réduites à seulement 20 grâce à l’IA avancée, entraînant une diminution globale des opportunités, notamment pour les postes de débutants et à distance.
Les métiers physiques, nécessitant une intervention manuelle comme la plomberie ou le bâtiment, semblent pour l’instant plus protégés, en raison des difficultés inhérentes à l’automatisation des tâches du monde réel. Cependant, Legg prévient que l’IA pourrait fondamentalement transformer l’économie en rendant le travail cognitif moins coûteux et plus efficace que le travail humain.
Ce changement pourrait remettre en question le modèle économique actuel, où l’effort intellectuel est échangé contre un revenu, laissant potentiellement de nombreuses personnes sans emploi traditionnel. Legg compare cette situation à l’ignorance des premiers signaux d’alerte concernant des défis mondiaux, et appelle à une préparation proactive.
Malgré ces perspectives potentiellement sombres, Legg reste optimiste quant au potentiel global de l’IA. Il la décrit comme un catalyseur d’un « âge d’or » de productivité, de découvertes scientifiques et de croissance économique. Le principal enjeu, selon lui, réside dans la répartition équitable des richesses générées par cette technologie, afin de garantir un avenir stable et porteur de sens pour tous.
Il souligne que ces transformations ne se produiront pas du jour au lendemain, mais s’accéléreront à mesure que l’IA atteindra un niveau de performance comparable à celui des professionnels dans le domaine du savoir.
