Publié le 21 novembre 2025 à 06h22. L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) a lancé une nouvelle feuille de route ambitieuse pour éradiquer le travail des enfants d’ici 2035, s’appuyant sur les progrès réalisés ces dernières années et tenant compte des défis émergents.
- La nouvelle feuille de route de l’ASEAN, qui s’étend de 2026 à 2035, vise à prévenir le travail des enfants et à éliminer ses pires formes.
- Elle propose des orientations pratiques aux gouvernements et aux partenaires pour renforcer l’application des lois, améliorer l’accès à l’éducation et à la protection sociale, et promouvoir des pratiques commerciales responsables.
- La feuille de route aborde les causes profondes du travail des enfants, telles que la pauvreté, la dette et l’instabilité économique, ainsi que les risques liés à la migration, au changement climatique et à l’économie numérique.
L’ASEAN, avec le soutien de l’Organisation internationale du Travail (OIT), a officiellement présenté cette nouvelle stratégie lors d’un événement de lancement le 18 novembre. Ce cadre décennal s’inscrit dans la continuité des deux feuilles de route précédentes, adoptées en 2025 et en 2016, et ambitionne d’aller plus loin dans la lutte contre ce fléau.
La feuille de route est structurée autour de trois axes principaux : l’interdiction du travail des enfants, sa prévention et la protection des enfants qui en sont victimes. Elle met l’accent sur la nécessité d’une collaboration intersectorielle et régionale pour mettre en œuvre des réponses cohérentes et globales. Des domaines d’intervention clés ont été définis, notamment le renforcement de l’application de la loi, l’amélioration de l’accès à l’éducation et la protection sociale, et la promotion de pratiques commerciales responsables.
Au-delà des secteurs traditionnels où le travail des enfants est présent, la feuille de route s’intéresse également aux risques émergents, tels que l’exploitation en ligne et les conséquences du changement climatique sur la vulnérabilité des enfants. Elle souligne l’importance de s’attaquer aux causes profondes du problème, notamment la pauvreté, la dette, l’instabilité économique et les obstacles à l’éducation, ainsi que les défis posés par la migration, le changement climatique et l’économie numérique.
Plusieurs représentants de l’ASEAN ont exprimé leur enthousiasme quant à cette nouvelle initiative.
« L’unité des onze États membres de l’ASEAN rendra nos efforts plus concrets et plus efficaces. L’ASEAN servira de force puissante pour opérationnaliser la feuille de route, renforcer notre capacité collective à travers le partage des connaissances et la planification conjointe, et garantir que personne ne soit laissé pour compte. Avec cet esprit, le succès est à notre portée. »
Pol. Lieutenant-colonel Wannapong Kotcharag, secrétaire permanent, ministère du Travail, Thaïlande
« La feuille de route de l’ASEAN pour la prévention du travail des enfants, y compris l’élimination des pires formes de travail des enfants d’ici 2035, a été conçue pour être tournée vers l’avenir et intègre les leçons apprises et les pratiques éprouvées pour un plus grand impact. Qu’elle soit un document d’orientation pour aligner nos cadres nationaux, partager les bonnes pratiques et renforcer les partenariats visant à concrétiser notre vision commune d’une ASEAN sans travail des enfants et d’une communauté fondée sur le soin et le respect de la dignité humaine. »
Amuerfina R. Reyes, secrétaire adjointe, SACO II, Groupe du bien-être et de la protection des travailleurs, ministère du Travail et de l’Emploi des Philippines
Tuomo Poutiainen, directeur régional adjoint pour l’Asie et le Pacifique à l’OIT, a confirmé que l’organisation continuera de fournir un soutien technique et un renforcement des capacités pour assurer la mise en œuvre efficace de la feuille de route.
L’adhésion récente du Timor-Leste à l’ASEAN en tant que 11ème membre pourrait également renforcer les efforts régionaux dans ce domaine.
Image principale / OIT
