Publié le 12 décembre 2025 à 20h36. L’Union européenne a décidé de geler indéfiniment les avoirs de la Banque centrale russe, une mesure destinée à renforcer la pression économique sur Moscou et à mobiliser des fonds pour soutenir l’Ukraine.
- L’UE a approuvé le gel illimité d’actifs russes d’une valeur de 210 milliards d’euros (environ 246 milliards de dollars américains).
- Ces avoirs gelés pourraient servir de garantie pour des prêts européens à l’Ukraine, atteignant potentiellement 165 milliards d’euros.
- La décision vise à contourner les potentielles objections de pays comme la Hongrie et la Slovaquie, qui entretiennent des relations plus nuancées avec la Russie.
Cette décision marque un tournant dans l’approche de l’Union européenne face aux actifs russes immobilisés depuis le début de l’invasion de l’Ukraine. Jusqu’à présent, le gel de ces avoirs était renouvelé tous les six mois, une procédure qui laissait la porte ouverte à des blocages de la part de certains États membres. En supprimant cette échéance, Bruxelles espère sécuriser l’utilisation de ces fonds pour aider Kiev.
L’objectif principal est de fournir à l’Ukraine les ressources financières nécessaires pour couvrir ses dépenses militaires et civiles pour les années 2026 et 2027. Le remboursement de ces prêts serait conditionné au versement par la Russie d’indemnités de guerre.
Les détails de ce mécanisme de prêt seront discutés lors du prochain sommet européen, prévu le 18 décembre. Un point crucial de ces discussions portera sur les garanties à offrir à la Belgique, pays où sont conservés une part importante des avoirs russes, afin de la protéger contre d’éventuels risques financiers. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déjà rencontré le chancelier allemand Olaf Scholz à Berlin le 15 décembre pour aborder cette question, et les dirigeants de l’UE et de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) devraient également participer aux négociations.
Parallèlement, la Banque centrale russe a dénoncé ce projet d’utilisation de ses avoirs comme illégal, se réservant le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre ses intérêts nationaux. La chambre de compensation belge Euroclear, où sont détenus une grande partie des actifs russes, a annoncé son intention d’intenter une action en justice devant un tribunal de Moscou, estimant que cette utilisation compromet sa capacité à disposer librement de ses fonds et titres.
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