Publié le 20 décembre 2024 à 12h55. La justice chilienne a autorisé l’extradition d’un homme de 35 ans, suspecté d’avoir participé à un réseau de pédophilie basé à Chillán, après qu’il a été localisé en Espagne grâce à un conflit avec un voisin.
- La Cour d’appel de Chillán a donné son feu vert pour l’extradition de Luis Alejandro Gómez Irribarra, considéré comme le 20e membre impliqué dans ce réseau.
- L’enquête, relancée par des révélations de BBCL Investiga, a déjà conduit à 14 condamnations et à l’inculpation de cinq nouvelles personnes.
- Gómez Irribarra est soupçonné d’avoir agressé sexuellement à plusieurs reprises une victime principale du réseau, Camila, alors qu’elle avait 14 ans.
Après plus d’un an de cavale en Espagne, Luis Alejandro Gómez Irribarra, 35 ans, devra faire face à la justice chilienne. La Cour d’appel de Chillán a validé ce vendredi la demande d’extradition formulée par le parquet, estimant que les conditions nationales et internationales étaient remplies. L’homme est soupçonné d’avoir joué un rôle clé dans un réseau de pédophilie démantelé en septembre 2022, mais qui continue de révéler de nouveaux rebondissements.
L’affaire avait été relancée par une série d’enquêtes menées par BBCL Investiga, mettant en lumière des lacunes dans l’enquête initiale et l’implication de plusieurs individus. Au total, 14 personnes ont déjà été condamnées, dont la mère de la victime principale, et cinq autres ont été inculpées en mai 2024. Parmi ces derniers, Daniel Fuentes Yáñez, décrit comme le « bras droit » du réseau, selon un rapport de BioBio Investiga.
Gómez Irribarra, surnommé Alejandro, avait fui le Chili en janvier 2024, alors que l’enquête était en cours depuis deux ans. Il s’était installé à Malaga, en Espagne, où il a vécu tranquillement pendant un an. C’est un incident banal – un « conflit domestique » avec un voisin à Benalmádena en novembre dernier – qui a conduit à son arrestation. La police, alertée, a découvert qu’il était recherché par Interpol via une « notification bleue », une demande d’informations sur sa localisation et ses activités.
La traque de Gómez Irribarra n’a pas été simple. Dès le 18 juin 2024, la police chilienne avait vérifié son départ du pays et demandé des renseignements aux autorités espagnoles. Cependant, malgré plusieurs vérifications, sa localisation restait inconnue. Le 30 août, les enquêteurs constataient qu’il était toujours introuvable, ne disposant que d’un mandat d’arrêt pour viol sur une personne de plus de 14 ans. Le 29 septembre 2025, le tribunal de garantie de Chillán avait finalement déclaré Gómez Irribarra « rebelle » et avait temporairement classé l’affaire.
Le chef du département juridique du parquet régional de Chillán, Francisco Soto Donoso, a expliqué que l’incident avec le voisin a été déterminant :
« L’accusé a eu la mauvaise idée d’avoir un conflit avec un voisin de la ville de Benalmádena (…) et face à ce conflit, la police est sûrement arrivée, elle a entré ses données dans le système et a constaté qu’il se trouvait avec une notification bleue. »
La Cour d’appel a justifié sa décision d’extradition en soulignant que les crimes reprochés à Gómez Irribarra sont punissables en droit chilien et qu’ils ne sont pas prescrits, ayant été commis entre le 1er février 2017 et le 18 décembre 2018. Désormais, la Cour doit préparer un dossier d’extradition à destination du ministère chilien des Affaires étrangères, qui le transmettra aux autorités espagnoles. Le retour de Gómez Irribarra au Chili dépendra de la diligence des ambassades concernées.
Le parquet régional de Chillán n’a pas souhaité commenter l’enquête en cours.
