Des avions de combat américains ont effectué un vol rapproché au-dessus du golfe du Venezuela, une zone maritime contestée, intensifiant la pression militaire exercée par Washington sur Caracas. Cet incident, survenu mardi, intervient alors que l’administration Trump renforce sa présence dans la région et fait face à un examen minutieux concernant ses opérations contre le trafic de drogue.
Selon des sites de suivi des vols, deux avions de combat F/A-18 de la marine américaine ont survolé le golfe du Venezuela, une étendue d’eau d’environ 241 kilomètres de large délimitée par le pays sud-américain, pendant plus de 30 minutes. Un responsable américain de la défense a confirmé qu’il s’agissait d’un « vol d’entraînement de routine ». Il a précisé que les appareils sont restés dans l’espace aérien international et que leur objectif n’était pas de provoquer une réaction.
« Ce vol s’inscrit dans la continuité des exercices que nous avons menés pour démontrer la portée de nos avions », a déclaré le responsable, qui a requis l’anonymat en raison de la sensibilité des opérations militaires. Il n’a pas précisé si les avions étaient armés.
L’armée américaine a déjà déployé des bombardiers B-52 Stratofortress et B-1 Lancer dans la région, mais ces derniers avaient volé vers et le long de la côte vénézuélienne. Les avions F/A-18 se seraient approchés plus près du territoire vénézuélien que ces bombardiers.
Ces mouvements militaires s’inscrivent dans un contexte de renforcement de la présence américaine dans la région, qui n’a pas été aussi importante depuis des décennies. L’armée américaine a également mené une série d’opérations contre des navires soupçonnés de trafic de drogue dans la mer des Caraïbes et dans l’est de l’océan Pacifique. Le président Donald Trump a même évoqué la possibilité de frappes au sol, sans en préciser les modalités.
Le président vénézuélien Nicolás Maduro accuse les États-Unis de chercher à le renverser. « Le véritable objectif de ces opérations militaires est de me forcer à quitter mes fonctions », a-t-il affirmé.
Par ailleurs, l’administration Trump est sous pression de la part des législateurs américains concernant les opérations contre les navires de drogue, qui ont fait au moins 87 morts lors de 22 incidents signalés depuis le début du mois de septembre. Un incident particulièrement choquant a coûté la vie à deux survivants accrochés à l’épave d’un bateau après une première explosion.
Les législateurs demandent à voir les images brutes de ces opérations. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a indiqué mardi aux dirigeants du Congrès qu’il était en train d’évaluer la possibilité de les diffuser. Il a participé à un briefing classifié avec le secrétaire d’État Marco Rubio et d’autres responsables de la sécurité nationale.
Le même jour, l’amiral Alvin Holsey, qui dirigeait la campagne contre les bateaux de drogue et qui doit prendre sa retraite du Commandement Sud des États-Unis cette semaine, a rencontré des responsables républicains et démocrates de la commission sénatoriale des forces armées.
Donald Trump justifie ces opérations comme une réponse nécessaire à la lutte contre le trafic de drogue vers les États-Unis, affirmant que le pays est engagé dans un « conflit armé » avec les cartels.
Flightradar24, un site web de suivi des vols, a indiqué que les avions militaires étaient les plus suivis sur sa plateforme au moment du survol.
Le Venezuela revendique la souveraineté sur le golfe, mais ces affirmations sont contestées par les juristes et l’armée américaine depuis des années.
