Publié le 27 septembre 2025 15:41:00. Le géant américain des jeux vidéo Electronic Arts (EA) pourrait être racheté et retiré de la Bourse par un consortium d’investisseurs pour un montant estimé à 50 milliards de dollars (environ 46,5 milliards d’euros), ce qui constituerait la plus importante opération de rachat par endettement (LBO) de l’histoire de Wall Street.
- Un consortium mené par le Fonds souverain saoudien (PIF), Silver Lake et Affinity Partners serait sur le point d’acquérir EA.
- L’action EA a bondi de 15 % vendredi, atteignant une capitalisation boursière d’environ 48 milliards de dollars (environ 44,8 milliards d’euros).
- L’annonce officielle de la transaction pourrait intervenir dès lundi prochain.
Electronic Arts, éditeur de franchises à succès telles que FIFA (désormais EA Sports FC), Madden NFL et Les Sims, est au centre de rumeurs de privatisation depuis plusieurs jours. Selon le Wall Street Journal et le Financial Times, un consortium d’investisseurs serait sur le point de lui faire une offre d’acquisition de 50 milliards de dollars.
Cette opération, si elle se concrétise, dépasserait le rachat de la société énergétique TXU en 2007 pour 45 milliards de dollars, devenant ainsi la plus importante opération de rachat par endettement jamais réalisée sur Wall Street. Les rachats par endettement, ou LBO, reposent sur l’utilisation massive de dettes pour financer l’acquisition, une stratégie souvent privilégiée par les fonds de capital-investissement.
Le consortium à l’origine de l’offre est composé de plusieurs acteurs majeurs :
- Le Fonds d’investissement public (PIF) d’Arabie saoudite, l’un des plus grands fonds souverains au monde. Sa filiale, Savvy Games, avait déjà acquis le développeur de Pokémon Go pour 3,5 milliards de dollars (environ 3,25 milliards d’euros) il y a quelques années.
- Silver Lake, un fonds de capital-investissement spécialisé dans les secteurs de la technologie et du divertissement, qui a récemment finalisé la privatisation de la société mère de l’UFC, Endeavour.
- Affinity Partners, une société d’investissement fondée par Jared Kushner, le gendre de l’ancien président américain Donald Trump, qui compte également le PIF et d’autres investisseurs importants du Moyen-Orient parmi ses partenaires.
JPMorgan Chase serait en passe de fournir plus de 20 milliards de dollars (environ 18,6 milliards d’euros) de financement pour l’opération et a déjà commencé à mobiliser les capitaux nécessaires.
Cette annonce intervient dans un contexte de ralentissement de la croissance de l’industrie du jeu vidéo après l’essor provoqué par la pandémie de Covid-19. Les derniers résultats financiers d’EA ont montré une croissance modeste. De plus, le modèle économique traditionnel basé sur la vente de jeux est de plus en plus concurrencé par des plateformes en ligne comme Roblox et Fortnite.
EA s’est progressivement orienté vers les jeux en tant que services, qui représentent désormais près de 75 % de son chiffre d’affaires net. La privatisation pourrait permettre à l’entreprise d’accélérer sa transformation, notamment grâce à l’intégration de l’intelligence artificielle générative, qui pourrait réduire les coûts de développement de plusieurs centaines de millions de dollars.
Cette rumeur de rachat survient environ deux ans après l’acquisition d’Activision Blizzard par Microsoft pour 75 milliards de dollars (environ 69,8 milliards d’euros), une opération qui avait déjà marqué l’histoire de l’industrie technologique. Si l’acquisition d’EA se confirme, cela signifiera que deux des principaux éditeurs indépendants de jeux vidéo (EA et Take-Two Interactive) seront désormais contrôlés par des consortiums d’investisseurs, ce qui aura un impact significatif sur le paysage concurrentiel du secteur.
Pour l’heure, ni EA, ni Silver Lake, ni le PIF, ni Affinity Partners n’ont souhaité commenter ces informations.
