Publié le 7 janvier 2026 à 00h46. Washington entend tirer profit de la situation au Venezuela après une intervention militaire, en cherchant à reprendre le contrôle de l’industrie pétrolière du pays, première réserve mondiale de pétrole.
- Le président américain Donald Trump a annoncé que le Venezuela livrera entre 30 et 50 millions de barils de pétrole (environ 4,7 à 7,9 milliards de litres) aux États-Unis.
- Cette annonce intervient après des frappes aériennes américaines à Caracas et vise à permettre aux compagnies pétrolières américaines de relancer la production vénézuélienne, en forte baisse depuis des années.
- La valeur de cette livraison pourrait dépasser les 2,8 milliards de dollars US, selon l’agence Bloomberg.
L’administration Trump ne cache pas ses motivations économiques derrière l’intervention au Venezuela. Dès samedi, alors que les conséquences des bombardements sur Caracas étaient encore visibles, le président américain a clairement exprimé son objectif : confier l’exploitation de l’industrie pétrolière vénézuélienne à des géants américains.
« Nos grandes compagnies pétrolières investiront des milliards de dollars pour réparer les infrastructures pétrolières, qui sont dans un état lamentable, et commencer à générer des revenus pour le pays. »
Donald Trump, président des États-Unis
Le Venezuela possède les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, mais sa production a chuté drastiquement ces dernières décennies, passant d’environ 8 % de l’offre mondiale dans les années 1970 à un niveau bien inférieur à celui des États-Unis (13 %) ou de l’Arabie saoudite (10 %). L’industrie pétrolière vénézuélienne, affaiblie par des années de mauvaise gestion et de sanctions internationales, produisait à peine un million de barils par jour avant l’intervention américaine.
Les États-Unis avaient précédemment imposé des sanctions au régime de Nicolás Maduro, limitant ses ventes de pétrole. Avant l’intervention, la majorité du pétrole brut vénézuélien était acheminée vers la Chine via des intermédiaires pour contourner ces sanctions. Un quart de la production était vendu aux États-Unis par l’intermédiaire de Chevron, une compagnie pétrolière américaine présente au Venezuela depuis près d’un siècle, tandis que le reste était dirigé vers la Russie, Cuba et d’autres pays alliés.
Selon Donald Trump, le pétrole livré aux États-Unis sera vendu au prix du marché, et les revenus seront utilisés au profit des populations vénézuélienne et américaine. Il a chargé le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, de mettre en œuvre ce plan immédiatement, en acheminant le pétrole directement vers les ports américains.
L’administration américaine prépare également une réunion la semaine prochaine avec les principaux acteurs du secteur énergétique pour élaborer une stratégie visant à attirer les investissements occidentaux dans l’industrie pétrolière vénézuélienne. Le secrétaire à l’Intérieur, Doug Burgum, et d’autres experts en énergie devraient également participer à cette réunion, selon Bloomberg.
La capacité actuelle de l’industrie pétrolière vénézuélienne à augmenter sa production est limitée. Il est donc probable que le Venezuela réduise ses ventes à ses clients chinois pour privilégier les acheteurs américains. La compagnie Chevron a déjà augmenté son activité au Venezuela, avec l’envoi d’au moins onze pétroliers vers des ports contrôlés par le nouveau régime provisoire, qui s’est déclaré disposé à collaborer avec les États-Unis.

